Critique

[critique ciné] Family Ties, aussi stimulant que malsain

Jean-François Pluijgers
Jean-François Pluijgers Journaliste cinéma

La mort accidentelle de son compagnon dont elle attend un enfant et avec qui elle projetait de partir s’installer en Australie l’ayant anéantie, Charlotte (Tamara Lawrence) est recueillie par la famille du défunt dans son vaste manoir perdu dans la campagne anglaise.

Une attitude surtout dictée par les circonstances, Margaret (Fiona Shaw), sa belle-mère, entendant bien ne laisser à personne d’autre, si ce n’est peut-être à son beau-fils Thomas (Jack Lowden), le soin de veiller sur la jeune femme jusqu’à la naissance. Mais si Charlotte n’a d’autre choix que d’accepter, elle s’interroge bientôt sur les raisons de tant de sollicitude, soupçonnant qu’elle ne dissimule de sombres desseins. Ce que semble, de facto, corroborer sa condition de prisonnière de la sinistre demeure. Et son existence de se muer insensiblement en un cauchemar inextricable, qu’alimente l’attitude ambiguë de ses hôtes, à moins qu’il n’y ait là l’expression de sa propre paranoïa.

Premier long métrage du cinéaste britannique Joe Marcantonio, Family Ties aurait notamment été inspiré par l’expérience du réalisateur et de son coscénariste, Jason McColgan, tous deux jeunes parents, le film reflétant leurs inquiétudes et anxiétés du moment. Une matrice féconde en tout état de cause, ce thriller psychologique élégant maintenant un cap aussi stimulant que malsain, les contours de la réalité semblant devoir toujours s’y dérober comme pour mieux balader le spectateur dans son environnement claustrophobe. Inscrit dans un écrin stylisé, Family Ties dispense ainsi, en dépit parfois d’un symbolisme pesant, un trouble persistant, auquel n’est pas étranger la composition habitée de l’impeccable Tamara Lawrance.

THRILLER PSYCHOLOGIQUE. De Joe Marcantonio. Avec Tamara Lawrance, Jack Lowden, Fiona Shaw. 1h40. Sortie: 07/07. ***(*)

[critique ciné] Family Ties, aussi stimulant que malsain

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