Critique

[critique ciné] Cigare au miel, aussi enivrant qu’intemporel

Jean-François Pluijgers
Jean-François Pluijgers Journaliste cinéma

D’inspiration semi-autobiographique, Cigare au miel, le premier long métrage de Kamir Aïnouz, raconte l’histoire de Selma (Zoé Adjani, lumineuse), une étudiante franco-algérienne de 17 ans vivant dans une famille libérale et laïque de Neuilly.

Et qui, alors que les médias et les conversations se font écho de la montée du fondamentalisme dans son pays d’origine, va vivre pour sa part sa révolution intime, sa découverte du désir et de la sexualité venant bousculer l’équilibre familial et se heurter au modèle patriarcal en vigueur. Situé entre France et Kabylie au début des années 90 (ancrage souligné par le recours ponctuel à des images d’archives), Cigare au miel n’en résonne pas moins avec le présent, dont il rencontre les enjeux féministes. Au-delà, ce portrait d’une jeune fille à l’écoute de son désir et de son envie de liberté vibre d’une sensualité de chaque plan, soulignée par la douce chaleur émanant de la photographie de Jeanne Lapoirie. De quoi achever de conférer à ce récit d’apprentissage une dimension aussi enivrante qu’intemporelle.

Drame. De Kamir Aïnouz. Avec Zoé Adjani, Amira Casar, Lyes Salem. 1h36. Sortie: 06/10. **(*)

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