Critique

[À la télé ce soir] Willy Ronis, les combats d’un photographe

© Ministère de la Culture
Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Proche des exploités et des humiliés, passionné par les vies de quartier, Willy Ronis fut l’un des derniers représentants de la photographie humaniste à la française dont il avait été l’un des pionniers avec Cartier-Bresson et Doisneau.

Photographe du quotidien, celui des moins nantis surtout, le Parisien était un communiste dans l’âme. Un homme qui carburait à l’empathie et avait le sens des valeurs. En 1950, il brisa son contrat avec le prestigieux magazine américain Life, furieux que soient accolés à ses clichés des textes qui détournaient ses images de leur sens. Colonies de vacances, fêtes de l’Huma, travail en usine… Ronis, c’est la syndicaliste Rose Zehner qui harangue les ouvrières en pleine grève chez Citroën. La beauté et la dureté de la rue. Expression du bonheur modeste et de malheurs trop communs. Habité par une vraie conscience politique mais témoin sincère de ce qu’il voyait, Ronis mourut comme il avait vécu, avec le coeur à gauche. Le portrait somme toute classique d’un grand photographe du petit peuple.

Documentaire de Vladimir Vasak. ***(*)

Dimanche 5/07, 18h05, Arte.

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