Critique

[à la télé ce soir] Sisters with Transistors

© Peggy Weil
Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Comme la plupart des pionnières et des femmes qui ont infléchi le cours de l’Histoire, celles qui ont chamboulé les musiques électroniques, concrètes et électroacoustiques ont été et restent encore aujourd’hui méconnues, snobées, occultées.

« La technologie est prodigieusement libératrice. Elle pulvérise les structures de pouvoir. La musique électronique a attiré les femmes naturellement. On se passait des structures dominées par les hommes: radios, maisons de disques, salles de concerts. Ça vous procure une immense liberté. L’Histoire semble nous avoir oubliées. » La compositrice américaine Laurie Spiegel a raison. Comme la plupart des pionnières et des femmes qui ont infléchi le cours de l’Histoire, celles qui ont chamboulé les musiques électroniques, concrètes et électroacoustiques ont été et restent encore aujourd’hui méconnues, snobées, occultées. Bien moins célèbres que Pierre Schaeffer, Karlheinz Stockhausen et Pierre Henry, Suzanne Ciani, Clara Rockmore, Delia Derbyshire, Daphne Oram, Bebe Barron, Eliane Radigue, Pauline Oliveros, Wendy Carlos et les autres ont pourtant, avec leurs synthétiseurs, oscilloscopes, platines et séquenceurs, hautement contribué à la bande originale d’un XXe siècle bruyant et technologique. Elles ont brisé tous les carcans, repoussé toutes les limites, fait avancer à pas de géantes l’Histoire des musiques électroniques. Dit dans sa version originale par Laurie Anderson, le documentaire de la réalisatrice franco-américaine basée à Londres Lisa Rovner se base sur des témoignages et de riches images d’archives pour raconter ces héroïnes de temps toujours modernes qui ont créé de nouveaux langages, réinventé les usages, bâti des ponts avec le cinéma, la publicité et la télévision. Fascinant.

Documentaire de Lisa Rovner. ****

Dimanche 20/02, 01h10, Arte.

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