Critique

[À la télé ce soir] Cris et chuchotements

© Studio Canal
Louis Danvers
Louis Danvers Journaliste cinéma

Dans un manoir isolé, entouré d’un grand parc, une femme se meurt d’un cancer, entourée de ses deux soeurs et de sa fidèle chambrière. Ingmar Bergman situe à la fin du XIXe siècle un huis clos d’une rare intensité humaine et d’une splendeur formelle non moins unique. Servi par un superbe ensemble d’actrices, il nous captive, nous trouble, nous fait ressentir des émotions inédites. Cris et chuchotements s’inscrit dans la filmographie du grand cinéaste suédois juste avant cet autre sommet qu’est Scènes de la vie conjugale (1973-1974). Le thème de la mort, si précieux au réalisateur des Fraises sauvages et du Septième Sceau, y rencontre sa passion pour les personnages féminins, qu’il filme par-delà les conventions, traquant une vérité tantôt lumineuse, tantôt douloureuse comme ici, où l’agonie d’Agnès (Harriet Andersson) n’empêche pas les non-dits hypocrites, les jeux de pouvoir, la manipulation et même la haine. Magnifié par la photographie sublime de Sven Nykvist, un chef-d’oeuvre se rappelle à notre regard.

Drame d’Ingmar Bergman. Avec Harriet Andersson, Kari Sylwan, Ingrid Thulin. 1972. *****

Mardi 12/5, 21h05, La Trois.

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