Critique

[à la télé ce soir] Cinecittà: de Mussolini à la Dolce Vita

© Temps Noir
Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Projet mégalomane de Benito Mussolini qui a très tôt compris toute la puissance des images animées, Cinecittà, le Hollywood de la périphérie romaine, a été créé en 1937 pour produire une image idéalisée de l’Italie fasciste.

Plus de 3.000 films ont été tournés dans la fabrique transalpine des rêves. Elle évoque à la fois le glamour et la douceur de vie d’une Italie fantasmée et porte en ses murs l’Histoire de son pays. Le documentaire d’Emmanuelle Nobécourt revient sur sa fabrication, ses heures de gloire et ses pires cauchemars. La propagande qui entretient l’illusion d’une armée italienne héroïque et invaincue. Les studios bombardés, abandonnés et livrés aux pillards. Cinq cents films en six ans mais le cinéma italien qui reste prisonnier de l’Italie fasciste. Le film qui porte l’espoir de sa renaissance, c’est Les Amants diaboliques, le premier Visconti. Tandis que Rossellini et son Rome, ville ouverte racontant la lutte de résistants antifascistes feront passer l’Italie du rang des bourreaux à celui des victimes… Cinecittà: de Mussolini à la Dolce Vita est autant un docu d’Histoire qu’un docu de cinéma. Il raconte un septième art italien qui se libère de ses chaînes et, dès les années 60, devient la deuxième cinématographie du monde, faisant rayonner le prestige de la Botte.

Documentaire d’Emmanuelle Nobécourt. ****

Samedi 05/06, 20h40, La Trois.

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