Critique

[à la télé ce soir] Baghdad Central

© SIFE EL AMINE
Nicolas Bogaerts Journaliste

Baghdad, 2003. Noyée dans le chaos post-Saddam, occupée par la coalition menée par les États-Unis, la capitale de l’Irak est lacérée par les conflits, la corruption, les luttes d’influence.

Pour survivre, l’ancien inspecteur de police Muhsin al-Khafaji accepte la proposition de Frank Temple, ancien de Scotland Yard, de reconstituer une force de police. Veuf, son fils mort aux mains du régime baathiste, Khafaji avance alors sur une ligne ténue et dangereuse: son nouveau poste lui donnerait accès à la zone sécurisée par les forces occidentales et lui permettrait de faire soigner sa fille Mrouj, gravement malade. Mais son aînée, Sawsan, lui en veut tout autant qu’aux forces américaines. Dans cet Irak occupé pour de fausses raisons, les motivations de chacun restent obscures. Et la force de ce thriller tient dans sa gestion des tensions sous-jacentes. La galerie de personnages secondaires donne énormément de relief et de poésie du désespoir à cette série ombrageuse, dense, où l’humour n’est jamais loin de l’horreur.

Série créée par Stephen Butchard. Avec Waleed Zuaiter, Corey Stoll, Bertie Carvel. ***(*)

Jeudi 08/04, 20h55, Arte.

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