Critique

[À la télé ce soir] Antiracket

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Massimo Urbinati Journaliste

Véritable tradition ancrée dans la société italienne, l’extorsion des petits entrepreneurs est aussi vieille que la mafia.

« C’était notre réalité, sans l’ombre d’une alternative. Que tu le veuilles ou non, tu es impliqué dans ce système. » Voici comment les commerçants évoquent ce pillage méthodique, presque institutionnalisé qu’est le pizzo. Il y a 20 ans, à Capo d’Orlando en Sicile, fut créée la première association antiracket. Quelques hommes ont eu le culot de tenir tête au crime organisé. « Leurs fusils sont chargés et m’attendent. Mais je n’ai plus peur. » Ce système de plainte collective a largement contribué à délier les langues et vaincre les craintes. Cette prise de conscience culturelle et civile affirme que le commerçant qui paie étend lui-même les frontières du territoire mafieux. Aujourd’hui encore, la révolte gronde. Une septantaine d’associations du genre bataillent sans céder d’un pouce. Ce convaincant documentaire nous enseigne comment, grâce à l’impulsion d’une poignée d’indomptables, tout un peuple peut recouvrer espoir et dignité.

DOCUMENTAIRE DE LUDOVIVA TORTORA DE FALCO.

Ce mercredi 17 février à 23h10 sur La Une.

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