Critique | Séries/Télé

La série de la semaine: Stranger Things (saison 4)

3 / 5
© netflix
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Titre - Stranger Things (saison 4)

Genre - Fantastique

Réalisateur-trice - Matt et Ross Duffer

Quand et où - Disponible sur Neflix

Casting - Winona Ryder, David Harbour, Finn Wolfhard

Nicolas Bogaerts Journaliste

Dans une quatrième saison à rallonge, Eleven et ses amis se perdent dans un récit qui s’effiloche mais toujours gavé d’action, de surnaturel et de nostalgie.

Incontestablement, Stranger Things a contribué à placer la plateforme de streaming Netflix sur orbite. Sa formule magique, mélange de nostalgie eighties approximative mais consommable, d’héritage Spielberg-King et d’héroïsme juvénile collégial, pimpé par des effets spéciaux bien de leur époque, avait réussi à boucler trois saisons inégalement palpitantes, quoique largement plébiscitées. Pour ce nouvel acte, les Duffer Brothers ont décidé de mettre la barre encore un peu plus haut.

1986. De mystérieux meurtres d’ados survenus à Hawkins, où vit le reste de la bande, font flotter le spectre d’activités satanistes, derrière lequel apparaît la figure d’un nouvel ennemi, Vecna, qui règne sur une nouvelle version du Monde à l’Envers. Dustin, Max, Erica, Steve, Nancy, Robin et Lucas sont au cœur de la tourmente tandis qu’en Californie où ils résident désormais, Eleven, Will et Jonathan reçoivent la visite de Mike. Eleven est mise en sûreté par les docteurs Ownes et Brenner. À ces deux intrigues, les Duffer Brothers en ont rajouté une troisième: le shérif Hopper, que l’on pensait disparu, est séquestré par les Soviétiques pour défier leur propre version des Demogorgon, quelque part en Sibérie. Joyce et Murray sont à la manœuvre pour l’en sortir. Gonflé comme un flan aux pruneaux, le scénario de cette nouvelle mouture se perd un peu dans ses extensions géographiques. Et dissout la cohésion du groupe d’amis pour mieux la reconstituer en cours de route.

© National

Hors de proportions

Fallait-il dès lors arriver à de telles extrémités pour prouver un fait qui était déjà établi précédemment, à savoir que l’amitié et la solidarité sont les meilleurs remèdes à la folie du monde des adultes et à leur besoin délirant de contrôler l’incontrôlable? Soit. Ce qui est dommage, c’est que cette saison gonfle ses enjeux hors de proportion (y compris pour les critères, déjà hors norme, établis précédemment par la série). La figure de Vecna en est une des plus belles illustrations: il ressemble à un Freddy Krueger qui aurait piqué l’attirail du Docteur Octopus avant de plonger dans la même cuve radioactive que le Toxic Avenger. Cet OPA permanente sur l’imaginaire a quelque chose de fatigant.

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Toutefois, ce quatrième volet des mésaventures des kids de Hawkins face au Monde à l’Envers, et un monde adulte à peine moins flippant, se paie quelques frayeurs formidablement mises en scène, depuis un flash-back sanglant sur l’enfance d’Eleven, jusqu’aux affrontements avec le surnaturel qui jalonnent le récit. De quoi attendre avec impatience la grande finale, deux épisodes de plus d’1 heure 30 prévus en juillet.

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