Critique | Amazon Prime

[la série de la semaine] Reacher, reboot validé

Nicolas Bogaerts Journaliste

Le nouveau Reacher d’Amazon Prime video propose une version attachante du héros créé par Lee Child. L’interprétation d’Alan Ritchson n’y est pas pour rien.

Affirmons-le d’entrée, Reacher, l’adaptation pour Prime Video des mésaventures de Jack Reacher, a réalisé un sacré exploit: éclipser, voire déclasser la performance au cinéma de Tom Cruise sous les traits du héros imaginé par l’écrivain Lee Child (Jack Reacher et Jack Reacher: Never Go Back). Cruise s’était manifestement fait plaisir, s’était outrageusement flatté. Mais Alan Ritchson, qui incarne à l’écran le nouveau visage de Reacher, propose un portrait bien plus proche de l’esprit qui traverse les 26 volumes de ses aventures. Son corps de géant sculpté et musculeux, ses traits encore poupons qui se tendent alors que surgit le danger, la finesse et la subtilité de son jeu donnent au super soldat une profondeur et un brin de tendresse qui le rendent, de manière désarmante, perceptiblement humain.

Contre-enquête minutieuse

Dès la première scène, le reboot annonce la couleur. Ancien membre de la police militaire, Jack Reacher goûte aux plaisirs d’un retour à la vie civile, d’une tasse de café fumante et d’une tarte à la pêche, dans le décor pâle, nacré et sans âme d’un restaurant perdu au coeur de l’État de Géorgie. Son corps est presque trop grand pour le décor. Très vite, le calme cède à la tempête: des policiers en armes débarquent, arrêtent Reacher pour meurtre et le jettent en prison. Il ne bronche pas. Cette économie de mots et de muscles est le point de départ, et le trait récurrent, d’une contre-enquête minutieuse que Reacher va mener en ralliant les forces de police locales à sa cause: le détective Oscar Finlay, flic élégant et érudit, et la jeune idéaliste Roscoe Conklin. Malcolm Goodwin et Willa Fitzgerald, respectivement, occupent les moindres recoins de leur personnage avec une belle conviction. Ils livrent à Alan Ritchson le type de contrepoint qui permet une triangulation riche en dialogues ciselés et en décalages.

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Le showrunner de Reacher, Nick Santora, a participé en tant que scénariste à un épisode des Soprano ainsi qu’à l’écriture de la série paranoïaque Prison Break. Du point de vue de l’action et du rythme, c’est davantage de cette dernière que se rapproche cette nouvelle mouture, la nuance des plans et des personnages en plus. Les courses-poursuites en apnée, fusillades et combats au corps-à-corps avec les ennemis de Reacher ne manquent pas à l’appel et respectent les codes imposés en termes d’adrénaline et de chorégraphie soignée. Les amateurs apprécieront. Mais bien au-delà de cette dimension survitaminée, comme le prouve une séquence emblématique où le héros sauve un chien maltraité, c’est la manière avec laquelle le scénario saute par-dessus la barrière pour s’exfiltrer des figures imposées qui rend ce Reacher si attachant.

Reacher

Une série créée par Nick Santora. Avec Alan Ritchson. Malcolm Goodwin, Willa Fitzgerald. Disponible sur Amazon Prime video. ***(*)

[la série de la semaine] Reacher, reboot validé

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