Critique | Séries/Télé

La série de la semaine: Peaky Blinders (saison 6)

3,5 / 5
© netflix
3,5 / 5

Titre - Peaky Blinders (saison 6)

Genre - Drame

Réalisateur-trice - Steven Knight

Quand et où - Disponible sur Netflix

Casting - Avec Cillian Murphy, Natasha O’Keeffe, Paul Anderson

Nicolas Bogaerts Journaliste

La sixième saison de Peaky Blinders prépare à la version cinéma de la saga. Mais elle demeure sombrement grisante.

1933. Au crépuscule de la prohibition américaine, la petite entreprise de Tommy Shelby se maintient. Le toujours big boss de la famille, malgré son mandat de député travailliste, a son idée sur la manière de recycler les routes maritimes par lesquelles transitait illégalement son tord-boyaux. Sur l’archipel Saint-Pierre-et-Miquelon, plaque tournante du trafic couchée au nord de l’Atlantique, il propose aux envoyés de la pègre de Boston de passer à l’opium. S’ils refusent, il ira à la concurrence, italienne ou juive. Tommy fait all-in, mais il n’a pas grand-chose dans son jeu. Le château de cartes menace de s’effondrer.

En face de lui, Michael ronge son frein. Il veut en finir avec son cousin aîné auquel il reproche, entre autres, la mort de sa mère, Polly. Cette dernière, incarnée par Helen McCrory jusqu’à son décès en avril 2021, a été tuée mystérieusement dans le sillage de la tentative ratée d’assassinat du député nazi Oswald Mosley. La déflagration accompagnant le départ d’une actrice qui a marqué au fer rouge l’identité Peaky Blinders fut telle que la pirouette scénaristique choisie par Steven Knight réclame de l’indulgence: après l’échec de sa machination contre son rival fasciste, Tommy reçoit le coup de fil d’une mystérieuse membre de l’IRA qui revendique le bain de sang ayant court-circuité ses plans. Désormais, sur la liste de ses ennemis, l’IRA rejoint Mosley mais aussi le boss de Boston, Jack Nelson, faux protégé du président Roosevelt mais vrai agent fasciste. Michael, lui, est en embuscade, la haine copieusement nourrie par son épouse Gina (en qui Anya Taylor-Joy délivre toute son incandescence). Dans cette nouvelle saison, Tommy produit plus de jus de crâne que de booze. Il a perdu son flair, son mojo, mais il s’entête à vouloir prendre ses adversaires par surprise. Il ignore à quel point il est un gibier et non plus un chasseur, une marionnette désarticulée dont la vie ne tient qu’à un fil.

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Quelque chose est mort en Tommy, définitivement. Et ce n’est pas le terrible drame familial le frappant de plein fouet en cours de saison ni l’addiction de son frère Arthur à l’opium qui pourront le ramener à la surface. Les héros de cette saison sont les démons de Tommy, qu’il tente d’exorciser par l’illusion enivrante de contrôle et un goût pour la poésie. Mais dans tous les marigots, c’est lorsque la bête semble à terre qu’elle se tapit avec le plus de ressources. Celles de Tommy, de sa famille, de ses liens avec la pègre, la politique et le monde des morts, sont légion.

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