Heartstopper

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Nicolas Bogaerts Journaliste

En 2018, Alice Oseman, jeune illustratrice britannique, publie sur son compte Tumblr l’histoire touchante de deux adolescents, Charlie Spring et Nick Nelson qui doucement, secrètement, tombent amoureux. Le récit, autoédité sous le titre Heartstopper, raconte de manière poignante la difficulté du coming out, la romance qui traverse la chape de plomb des convenances. Il connaît un vif succès et se retrouve vite sur les étagères des librairies puis sur Netflix quatre ans plus tard, adapté par Oseman et réalisé par Euros Lyn. Le profil de ce dernier (des épisodes pour Doctor Who, Black Mirror, Daredevil et His Dark Materials) ne dénature en rien la délicatesse et l’intelligence intrinsèques du récit originel, que du contraire. Le crush de Charlie pour la star de l’équipe de rugby de l’établissement, la difficulté de ces deux-là à accepter leurs sentiments et les conséquences qu’ils impliquent sont filmés avec une lucidité et une chaleur toutes particulières. Dans une réalisation assez pop qui fait des œillades à Sex Education (sans en adopter le franc-parler), l’intrigue se déploie dans des romances pas si secondaires, celles des camarades gay, hétéros, trans de Nick et Charlie: Tao, Elle, Tara, Darcy. Les acteurs et actrices confèrent à leurs personnages la complexité de leur âge, les frémissements d’une quête existentielle et personnelle dans laquelle chacun et chacune peut s’identifier. Avec ce casting réussi -dans lequel on retrouve aussi la décidément incontournable Olivia Colman dans le rôle de Sarah, la maman de Nick- les huit épisodes de 30 minutes se dégustent sans modération. Si elle ne fait pas l’impasse sur la discrimination, le shaming, la peur et la souffrance, Heartstopper est avant tout une histoire d’amour universelle qui se distingue par un propos d’une déroutante honnêteté.

Une série créée par Alice Oseman et Euros Lyn. Avec Kit Connor, Joe Locke, Corinna Brown. Disponible sur Netflix.

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