Critique | Séries/Télé

[à la télé ce soir] Hambourg: les Parrains de la pègre

Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Alimentée par d’anciens policiers, maquereaux et travailleuses du sexe, cette invraisemblable série documentaire revient sur l’évolution du quartier chaud de Hambourg et le parcours de ceux qui en furent les patrons.

« À St. Pauli, on vit libre tant qu’on respecte les règles. » St. Pauli, c’est le quartier chaud de Hambourg. Deux kilomètres carrés où la prostitution et les jeux d’argent prospèrent depuis le XVIIIe siècle. « Les lieux attirent ceux qui ont de l’argent et ceux qui en veulent. Les seconds escroquent les premiers. Ou bien, ils les font chanter. Ou encore les assassinent. » Après la Seconde Guerre mondiale, St. Pauli attire des marginaux et des aventuriers, des dockers et des ouvriers qui rêvent d’échapper à leur destin. Certains feront carrière dans la pègre, notamment dans le proxénétisme. Alimentée par d’anciens policiers, maquereaux et travailleuses du sexe (mais aussi entre autres par Klaus Voormann, à qui l’on doit la pochette de l’album Revolver des Beatles), l’invraisemblable série documentaire en trois parties d’Oliver Schwabe revient sur l’évolution du quartier et le parcours de ceux qui en furent les patrons. Rythmé par des archives, d’innombrables interviews et des images de dessin animé, Les Parrains de la pègre raconte des mecs qui exploitent financièrement les relations sexuelles de leurs compagnes, la naissance de l’Eros Center, premier supermarché du sexe, qui fait entrer la prostitution dans la consommation de masse, et l’arrivée de la cocaïne, qui rend la gestion des affaires plus violente et brutale. Chaud devant…

Série documentaire d’Oliver Schwabe. ***(*)

Jeudi 07/04, 23h00, Arte.

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