Rock Werchter, jour 1 : Alive (+photos)

Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

22 ans jour pour jour après le drame de Roskilde, Pearl Jam couronnait ce jeudi le grand retour de Rock Werchter.

Les festivaliers qui sont en âge de s’en rappeler s’en souviennent. Le 30 juin 2000, à Roskilde, près de Copenhague, huit personnes perdent peu avant minuit l’équilibre sur un sol rendu glissant par la pluie et meurent piétinés par la foule à la suite d’une bousculade et d’un mouvement de panique pendant un concert de Pearl Jam. Le drame qui fera finalement neuf victimes et 37 blessés ébranle le groupe de Seattle. Il annule sa tournée (à commencer par sa date belge du surlendemain). Envisage même ne plus jamais donner de concert. Une enquête avait déterminé en 2002 que les organisateurs n’étaient pas responsables de l’accident et personne n’avait été poursuivi. Triste anniversaire.

22 ans jour pour jour après cette funeste et tragique soirée, la bande à Eddie Vedder (qui avait  à l’époque enregistré une chanson en hommage aux disparus: Love Boat Captain) se produisait ce jeudi à Rock Werchter. Une prestation habitée par le souvenir et rattrapée par l’émotion. C’est que Vedder (et Pearl Jam de manière générale) est sans doute avec un Bruce Springsteen l’une des personnalités les plus simples, les plus terre à terre, les plus humaines du milieu du rock. Une rock star anti rock star en somme. Un mec sans chichi, brut, vrai qui porte le t-shirt d’un autre groupe à l’affiche (Black Pumas) et lui fait de la pub. A plusieurs reprises, l’Américain s’enquiert que tout le monde va bien. Attire l’attention sur l’un ou l’autre coup de chaud dans le public malgré le temps frigorifique et humide.

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Depuis le drame de Rosklide, les festivals sont devenus encore plus grands. 88.000 personnes ce jeudi sur la plaine louvaniste. Mais aussi encore plus cadrés et sécurisés. Et la musique dans tout ça? Un concert généreux, comme toujours avec Pearl Jam, qui s’ouvre avec des reprises des Beatles (Rain) et des Ramones (I Believe in Miracles). Se termine avec le Rockin’ In The Free World de leur pote Neil Young. Et de se rappeler qu’ils sortaient l’album Mirror Ball ensemble en… 1995.

Even Flow, Corduroy, Do The Evolution, Given To Fly ou encore Alive en rappel Valeurs sures. Mode best-of. Le concert de la journée avec celui de Beck arrivé une bonne demi-heure en retard. De visage, le lutin californien a un peu morflé. Il aura 52 ans le 8 juillet. Mais sinon rien grand chose à dire. Devils Haircut, The New Pollution, Where It’s At, l’incontournable Loser, hymne de toute une génération (et d’autres encore). Le sieur Hansen a encore ses tubes, sa voix, son petit pas de danse robotique. Et s’offre une relecture du True Love Will Find You In The End de Daniel Johnston… Séquence nostalgie.

Plus tôt dans la journée, Fontaines D.C. et Altin Gün avaient fait le taf. Sur la Main Stage, avec pour décor un mur de roses (c’aurait été plus compliqué avec des trèfles à trois feuilles), les rockeurs irlandais sans doute pas loin d’être tombés du lit (il était environ 14h) ont joué la moitié de leur nouvel album. Oublié leur tube Boys In The Better Land (et Big aussi tant qu’on y était). Mais assuré avec Televised Mind, Too Real et I Love You. Guitare, poésie, irishness et électricité… Au KluB C, l’une des deux grandes salles (on ne peut plus appeler ça des tentes ou des chapiteaux) du festival, les Hollandais d’Altin Gün et leurs deux chanteurs issus de l’immigration ont eux fait honneur à la musique turque. Le son est pas dingue mais le groupe fondé par Jasper Verhulst (jadis bassiste de Jacco Gardner) ouvre la période des vacances et emmène en vol direct du côté d’Istanbul. La machine à danser manque un peu d’huile (et de volume) mais finit par tourner à plein régime. Dommage que ce ne soit pas un peu plus haut dans l’affiche.

Grian Chatten a dû jouer bien tôt avec sa bande de Fontaines D.C.

Plus haut où on a retrouvé les Pixies. Un Frank Black à la voix un peu fatiguée mais un gig honnête pour un groupe juke-box qui a des hits pleins son tourbus. Avec Paz Lenchantin à la basse pour essayer de faire oublier Kim Deal, Black, Santiago et Lovering ont enquillé les classiques. Faisant la part belle à Doolittle, Surfer Rosa et Come On Pilgrim. Here Comes Your Man, Gouge Away, Monkey’s Gone To Heaven, Gigantic, Caribou, le toujours furieux Broken Face ou encore l’inévitable Where’s My Mind. Les Pixies reprennent le Winterlong de Neil Young (décidément…) et à défaut de mettre tout le monde par terre savent définitivement encore y faire. Trois ans après le fort dispensable Beneath The Eyrie, ils sortiront un nouvel album Doggerel le 30 septembre.

C’était un Frank Black un peu fatigué qu’on a retrouvé sur les plaines louvanistes

Les photos du jour 1, par Wouter Van Vaerenbergh

The Pixies & Beck

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Pearl Jam

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HAIM, Carly Rae Jepsen, Cigarettes After Sex, Fontaines D.C.

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