La musique rend plus intelligent, c’est la science qui le dit

Silhouette of a men head. Teamwork relative brochure, report or leaflet design template. Human communication. Life line and notes as a symbol of a brains. Concept of differences © GETTY IMAGES

Les bienfaits de la musique sur le corps et l’esprit ont été prouvés par un rapport s’appuyant sur un sondage et plusieurs études menées au Royaume-Uni et au Canada. Dans les faits, qu’en est-il?  

Les organisations britanniques UK Music et Music for Dementia ont produit le rapport «The Power Of Music» (le Pouvoir de la musique, en français) dans le but de montrer comment la musique peut être utilisée pour améliorer la santé et le bien-être de la population. Dans les faits, qu’en est-il?

Le rapport est basé sur les réponses de 209 personnes à une enquête diffusée sur les réseaux sociaux et envoyée aux différentes parties prenantes de l’industrie musicale, des secteurs de la santé et des soins sociaux. Une petite centaine de particuliers y ont répondu pour une grosse centaine de professionnels et d’experts de la musique et de la santé. Le tout a été complété à l’aide d’études scientifiques et de recherches universitaires.

Le rapport indique d’abord que la musicothérapie permet de réduire l’agitation des personnes atteintes de démence et donc de réduire les dépenses en médicaments antipsychotiques. En 2018, la maison de soin Lillyburn, en Écosse, est même parvenue à baisser jusqu’à 60% l’utilisation de sédatifs chez certains de ses patients malades grâce à l’utilisation de playlists personnalisées pour les soulager.

La musique, c’est bon pour le moral… et pour le corps aussi

Les troubles psychologiques peuvent aussi être traités grâce à la musique. Dans l’étude Musicothérapie individuelle pour la dépression: essai contrôlé randomisé, l’Université de Cambridge avance le fait que les personnes souffrant de dépression et qui suivent une thérapie musicale, en plus des soins dits «standards», montrent une plus grande amélioration de leurs symptômes dépressifs et d’anxiété que ceux qui ne recevaient que les soins «standards», et ce sur un suivi d’une période de trois mois.

Une autre étude partagée par UK Music et Music for Dementia tend à prouver que lorsqu’on écoute de la musique que l’on apprécie, le cerveau relâche de la dopamine, «l’hormone du plaisir immédiat» (qui est en fait un neurotransmetteur). «Dans cette étude, on a constaté que les niveaux de dopamine étaient jusqu’à 9% plus élevés lorsque les volontaires écoutaient de la musique qu’ils appréciaient.», explique le rapport.

Pour ce qui est des bienfaits de la musique sur le physique, The Power of Music explique qu’écouter de la musique peut réduire la pression sanguine et stabiliser le rythme cardiaque, ce qui permet aux personnes atteintes de maladies cardiovasculaires de mieux contrôler leurs symptômes. La musique, «grâce à ses effets simultanés sur les processus psychologiques, neurologiques, immunologiques et endocriniens, conduit à une réduction du stress et de la douleur», permet également de réduire son stress et d’améliorer son système immunitaire, comme l’indiquent ces deux études:  L’effet de la musique sur la réponse humaine au stress; Quelles sont les preuves du rôle de l’art dans l’amélioration de la santé et le bien-être?

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Écouter et pratiquer de la musique pour être «plus intelligent»

Écouter de la musique stimule de nombreuses zones du cerveau, mais jouer d’un instrument en stimule encore plus. Presque toutes les zones du cerveau sont stimulées simultanément, en particulier les cortex visuel, auditif et moteur. D’autant plus que la musique est traitée par les deux hémisphères. Lorsque l’on joue d’un instrument, on stimule aussi la connexion entre ces deux parties du cerveau et on améliore la vitesse de transmission des informations et donc de réflexion. Les musiciens sont donc globalement plus rapides et meilleurs dans la résolution de problèmes, peu importe la matière.

Ces propos sont aussi appuyés par une recherche menée par l’University of British Columbia dans laquelle Peter Gouzouasis, professeur à l’UBC, affirme que «les élèves qui ont appris à jouer d’un instrument de musique en primaire et qui ont continué à jouer au lycée non seulement obtiennent des résultats significativement plus élevés, mais avaient environ une année scolaire d’avance sur leurs pairs non musiciens en ce qui concerne leurs compétences en anglais, en mathématiques et en sciences, telles que mesurées par leurs notes aux examens, indépendamment de leur origine socio-économique, de leur origine ethnique, de leurs connaissances antérieures en mathématiques et en anglais, et de leur sexe.» Thèse établie après l’examen «des points [ndlr: sur base d’un examen similaire en mathématiques, en sciences et en anglais] de tous les élèves des écoles publiques de la Colombie-Britannique (Canada) qui ont terminé leur 12e année entre 2012 et 2015», soit plus de 112.000 élèves.

Guillaume Picalausa

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