Michel Verlinden
Michel Verlinden Journaliste

L’ART à LA PLAGE – Un projet du Victoria and Albert Museum de Londres invite chacun à intervenir en bord de mer et à « exposer » son ouvre en ligne.

Au Victoria and Albert Museum, à Londres

Le Victoria and Albert Museum s’affiche comme le plus grand musée d’art et de design au monde. Rien de moins. Un titre ronflant qui n’en fait pas pour autant l’une de ces institutions poussiéreuses où l’on s’ennuie ferme. A l’image des différents artistes en résidence qui ne manquent pas de faire souffler des vents nouveaux sur cette imposante bâtisse de Cromwell Road. La dernière d’entre eux, Sue Lawty, une artiste britannique habitée par le concept de temporalité, a mis sur pied un projet assez bien vu qui s’inscrit parfaitement dans l’air du temps. Le World Beach Project s’adresse à tout un chacun, petits ou grands. Le principe est simple: créer une £uvre de galets en bord de mer dont la durée de vie ne doit pas dépasser la prochaine grande marée. Soit un jeu éphémère sur le minéral dans la plus pure tradition du Land Art, une discipline qui a pris son essor dans les paysages du grand ouest américain à la fin des années 60.

Si la disparition érosive est inscrite au sein même de cette pratique artistique, on ne peut pas s’empêcher de penser à la symbolique très actuelle de cette initiative: à l’heure où la montée des eaux est présentée comme une réelle menace pour la planète, ce travail collectif pourrait bien devenir le symbole du destin humain.

work in progress Une image qui ne peut que renvoyer à la pensée du philosophe Michel Foucault lorsqu’il évoquait, dans l’ultime phrase de Les Mots et les Choses, l’effacement progressif de l’homme du champ du savoir… « Comme à la limite de la mer un visage de sable. » De façon plus pragmatique, le World Beach Project s’articule en deux phases. La première consiste à choisir un coin de littoral et à y imaginer une £uvre de pierre. La seconde commande de mettre ce travail en ligne en ayant pris soin de photographier la plage en elle-même, le work in progress et la création telle quelle. Sur le site, grâce à un planisphère, il est possible de consulter les différentes réalisations à travers le monde. De l’Amérique du Nord à la Nouvelle-Zélande, certaines sont soufflantes. Avis aux amateurs, le littoral belge est resté vierge jusqu’ici… l

www.vam.ac.uk

MICHEL VERLINDEN

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