Guy Verstraeten
Guy Verstraeten Journaliste télé

21.55 LA UNE

DE PATRICK ROTMAN.

ça commence par un travelling aérien presque irréel, dans une capitale allemande réduite en lambeaux par la Seconde Guerre mondiale. Berlin ressemble à un amas de pierres et les bâtiments en ruines sont montés sur des allumettes. On est en mai 1945 et les Allemands subissent le sort que le régime nazi a infligé, durant cinq ans, à ses ennemis.

Pour bien comprendre l’histoire du mur de Berlin, il fallait évidemment passer par cette drôle de période où les quatre alliés principaux – France, États-Unis, Grande-Bretagne et Union soviétique – se sont partagé Berlin comme on partage une fondue au fromage, en plein Postdam. Sauf que les Russes en ont voulu plus que les autres. C’est l’histoire de l’isolation berlinoise, du pont aérien occidental, de la création d’une double république – la RFA et la RDA -, de la révolte ouvrière de 1953 et enfin du piège qui s’est refermé sur les habitants de Berlin-Est en 1961. Les étapes de la construction du mur sont dites par Florence Pernel, avec un côté didactique fort à propos si l’on veut goûter en connaisseur aux multiples programmes qui viendront célébrer les vingt ans de la disparition de ce mur, ouvert le 9 novembre 1989, et véritable fin symbolique du XXe siècle pour bien des historiens.

GROSSE PROGRAMMATION COMMÉMORATIVE

De fait, cette double décennie de liberté pour les Berlinois de l’Est, dont les mécanismes d’enfermement font froid dans le dos, présentera son lot d’émissions commémoratives, d’ I-Comme (RTL-TVI) à Tout s’explique, en passant par Reporters (tous les trois sur RTL-TVI) ou par l’excellent long métrage Goodbye Lenin (voir page 61). Un coup d’£il aux programmes de la semaine permettra à ceux qui ont loupé cet excellent documentaire de Patrick Rotman (qui sera d’ailleurs diffusé sur France 2 le mardi 3, à 20.35, juste avant Goodbye Lenin) et qui n’ont pas envie d’attendre dix années supplémentaires pour décrypter l’épisode est-berlinois, de se rattraper sans problème. Chaque jour, du 2 au 9 novembre, la RTBF, notamment, proposera des reportages dans ses journaux télévisés. On n’a pas fini d’entendre les pelleteuses affronter le mur de la honte, au grand dam des « Ostaligiques », ceux pour qui l’anéantissement du Bloc de l’Est résonne encore, malgré l’explosion des libertés, comme un triste air de fin d’époque. l

Guy Verstraeten

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