Myriam Leroy
Myriam Leroy Journaliste, chroniqueuse, écrivain

20.20 LA UNE

UNE SéRIE CBS créée par bruno heller. AVEC SIMON BAKER, AMANDA RIGHETTIN, ROBIN TUNNEY.

Attention, carton à l’horizon. Enorme carton. C’est un joli coup de la part de la RTBF. Cette série-là, on l’attendait davantage sur RTL (question de « ligne éditoriale »). Mais cette fois, c’est le service public qui va s’arroger des audiences plantureuses, nul besoin de boule de cristal pour le prédire. A l’instar du héros de The Mentalist, Patrick Jane, qu’on prend à tort pour un voyant, mais qui dispose juste d’un sens de l’observation hypertrophié, et bluffe son entourage. Ce gars-là, c’est le genre premier de classe avec une gueule de cancre (quand on est si beau, c’est qu’on a forcément mieux à faire qu’étudier). Le genre qui mémorise en quelques secondes la position des cartes dans un paquet, pour plumer ses potes au poker. Le genre malin, donc, et qui ne s’embarrasse pas trop de scrupules. Le CBI (bureau californien d’investigation) s’est adjugé ses services de consultant: Jane met son talent au service des enquêteurs, qui n’ont finalement plus qu’un rôle de figuration dans leurs investigations, tant le héros débusque les criminels plus vite que son ombre. En parlant d’ombre, il y en a une, sérieuse, au tableau. La femme et la fille du héros ont été sauvagement assassinées… Au-delà de ses missions auprès du CBI, il poursuit donc sa propre quête, et espère un jour assouvir sa soif de vengeance. Voilà le mince fil rouge d’une série dont les épisodes peuvent a priori se regarder de manière plus ou moins fidèle, dans l’ordre ou le désordre.

FORMULE IMPARABLE

The Mentalist n’invente rien: c’est une énième fiction basée sur le principe du tandem policier – la confrontation d’un personnage rigoriste (ici, l’agent Lisbon, joué par Robin Tunney, vue dans Prison Break) à un personnage chien fou passionnant toujours les foules. Il s’agit également d’une série mettant en scène de longs errements dans le diagnostic, à la manière d’un Docteur House s’égarant durant une quarantaine de minutes, et cernant en bout de course l’affection de son patient. Mais si The Mentalist fonctionne si bien aux Etats-Unis (il rassemble chaque semaine sur CBS au moins 16 millions de téléspectateurs, et flirte parfois avec les 20 millions de fidèles) ce n’est pas uniquement parce qu’il fatigue peu le cerveau. C’est aussi parce que son héros, joué par l’acteur australien Simon Baker, transpire d’un rare charisme. Qu’un peu d’humour est saupoudré çà et là – qui désamorce tout ce que ce mentaliste pourrait avoir d’anxiogène. Et que la série est plutôt léchée dans sa mise en images. Une formule imparable, qui devrait scotcher toute la famille à l’écran.

Myriam Leroy

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