Michel Verlinden
Michel Verlinden Journaliste

LE LIEN REFAIT – Le 15 juin, les Halles de Schaerbeek organisent la troisième édition de Supervoisins!, un événement pluriel et éclaté. Convivialité et électricité à tous les étages.

Aux Halles et ailleurs à Schaerbeek. Le 15/06, dès 12 h.

A l’heure où il est de bon ton d’ignorer le nom de son voisin de palier, les Halles de Schaerbeek remettent la proximité à l’honneur avec Supervoisins!, un événement festif qui prend place dans différents lieux de la commune, entre le Centre culturel de Schaerbeek et le Musée des arts spontanés. Cela dit, les Halles ne travaillent pas ce sujet qu’à la faveur d’un one shot. Toute l’année durant, elles défendent ce credo avec Voisins, un projet interdisciplinaire – théâtre, danse, photographie… -, dont le but est de renouer le lien défait entre les habitants d’un même quartier.

PIQUE-NIQUE DE RUE

Supervoisins! s’affiche comme la vitrine de ce travail sur le long terme. Il prendra corps le 15 juin à travers un énorme pique-nique de rue, des performances artistiques, des concerts, des débats… Parmi le vaste programme, le projet photographique Link de Victor Lévy s’affiche parmi les plus emblématiques de ce questionnement sur le lien social.

Ce work in progress consiste en un portrait des habitants du quartier qui s’étend entre la place Lehon et la rue Kessels. Pour le réaliser, Victor Lévy, architecte menant une carrière parallèle de photographe, s’est immergé dans ce quartier se situant à la lisière de son domicile.  » Je me suis rendu compte qu’il y avait différents mondes qui coexistaient sans point de rencontre. J’ai voulu creuser cette réalité au moyen du medium photographique. »

Pour ce faire, il imagine un procédé en phase avec le sujet: il demande à chaque personne qu’il photographie de l’introduire à quelqu’un d’autre qui sera le portrait suivant. Au fil des rencontres, il s’immisce dans la vie du quartier. Pour le spectateur, quelque chose opère, une magie qui transforme le plomb du quotidien en or de l’intimité. Les photos de Lévy résultent d’un vrai contact, on sent le lien, la confiance et surtout la bienveillance de celui qui est derrière l’objectif.  » Ce projet a changé mon regard qui était celui qu’on pouvait avoir en passant rapidement en voiture, note-t-il. On trouve ça triste et pourtant… En parlant, en entrant chez les gens, j’ai vu des symboles magnifiques. Un arbre planté il y a 30 ans en arrivant d’Albanie, une échelle posée sur un mur pour permettre aux enfants de passer d’une maison à l’autre… Tous ces petits riens qui font du quartier un lieu de vie passionnant. » L’inhospitalier n’est pas forcément où on le croit.

u www.halles.be

MICHEL VERLINDEN

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