Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Adulés par David Bowie et le New York Times, invités par Kylie Minogue à son anniversaire, Stephen et David Dewaele font danser le rock en mélangeant les Stooges et Salt-N-Pepa, Dolly Parton et Röyksopp… Sous l’étiquette 2 Many DJ’s, les deux frangins de Soulwax sont devenus les rois de la bastard pop (1) et ont mis le grappin sur tout ce que la terre compte pour dancefloors. Cela méritait bien quelques éclaircissements.

Focus: avec du recul, comment expliquez-vous l’immense succès international des 2 Many DJ’s?

Stephen Dewaele: nous avons lancé ce projet parce que nous étions lassés, ennuyés par toute la musique électronique. Nous sommes arrivés au bon moment. Culturellement parlant. La plus grosse erreur est de penser qu’il existe un système, une stratégie. Pourquoi Jan Fabre rencontre autant de succès? Vous pouvez me le dire? On ne peut y répondre que simplement. Parce qu’il plait aux gens.

Est-il plus facile de réussir à l’étranger comme rockeur ou DJ?

Peu importe le genre, les étiquettes. Seule la musique compte. Je vois en quelque sorte les 2 Many DJ’s comme un phénomène. Un phénomène qui a fait prendre de l’ampleur à Soulwax. Mais les gens oublient que nous avons commencé à nous exporter avec du rock. Du temps de l’album Much Against Everyone’s Advice. C’est à cette époque que nous nous sommes infiltrés sur le marché anglais. Je tire la même satisfaction de tout ce que je fais. Je me moque du succès. De savoir s’il s’agit d’un live, d’un remix, d’une production. Ce qui m’intéresse, c’est de travailler. De faire de la musique.

Qu’est-ce qui distingue les marchés anglais et américain?

Aux USA, Soulwax est très underground. Les festivals sont nettement moins nombreux qu’en Europe. Trouver des dates s’avère plus laborieux. On attend aussi des groupes qu’ils soient clairement identifiés. En Amérique, les gens connaissent mal LCD Soundsystem alors que James Murphy est de New York. Mon explication c’est que, comme nous, LCD n’est pas vraiment rock, pas vraiment dance, pas vraiment électro. En même temps, avec tout le respect que je lui dois, je n’ai pas envie de devenir Lenny Kravitz. Je pense qu’il nous incombe, en tant que musiciens, d’amener quelque chose de neuf. Les productions de Soulwax ont influencé beaucoup de jeunes partout dans le monde. Nous nous sommes créé un univers et j’en suis fier.

(1)Aussi appelée bootleg, mashup, la technique consiste en l’association, dans un même morceau, de deux ou plusieurs titres existants.

JULIEN BROQUET

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