Louis Danvers
Louis Danvers Journaliste cinéma

20.35 CLUB RTL

Polar DE FRANCIS FORD COPPOLA. AVEC AL PACINO, ROBERT DE NIRO, DIANE KEATON. 1975.

Une semaine après la présentation du premier épisode, et une semaine jour pour jour (et heure pour heure) aussi avant celle du troisième et dernier volet de la saga, Club RTL programme ce soir le deuxième film de la série des Parrains. Le sommet de la trilogie, en fait, tant cette £uvre puissante se hausse parmi les meilleurs films des années 70, une décennie pourtant fort riche en très bon cinéma! C’est le crépuscule de Don Corleone, le parrain des parrains, figure majeure du premier film et auquel Marlon Brando prêtait ses traits et son génie de comédien. Le vieux s’efface, son fils Michael (joué par Al Pacino) va préserver puis consolider son empire. Mais des flash-backs vont nous conter l’ascension de Don Vito, cette fois interprété par un saisissant Robert De Niro. Plus encore que la première partie, le deuxième volume du Parrain nous entraîne au c£ur de la réalité mafieuse, revenant sur ses origines sociales et culturelles, son exportation, ses heurts avec d’autres groupes criminels à composante ethnique (juive, pour l’occasion), ses rapports avec l’establishment politique.

INTENSE

On pourrait bien sûr faire reproche à Coppola de « glamouriser » quelque peu les protagonistes de sa formidable saga. Mais s’il les cadre plus grands que nature, « bigger than life », c’est sans complaisance coupable, et dans une approche somme toute comparable à celle, autrefois, d’un Shakespeare. Robert De Niro a étudié l’italien, qu’il ne connaissait pratiquement pas, pour jouer les scènes de la jeunesse de Don Vito. Sa performance est mémorable, intense et très impressionnante quand, immigré parti de presque rien, son personnage se fait violemment sa place au soleil du rêve américain. Al Pacino signe une de ses toutes meilleures prestations dans le rôle de Michael, un héritier à la fois décidé, complexe et hanté. Mais d’autres acteurs remarquables contribuent à la réussite du film. Robert Duvall, surtout, est excellent dans le rôle de Tom Hagen, l’avocat et confident de la « famille ». Derrière la caméra, Francis Ford Coppola maîtrise admirablement son sujet. Sa mise en scène inspirée rend justice aux importants moyens réunis, son budget étant deux fois et demie plus important que celui alloué au premier volet de la saga!

Louis Danvers

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