Michel Verlinden
Michel Verlinden Journaliste

space lab – Imaginé par David Edwards, Le Laboratoire à Paris s’affiche comme un lieu culturel d’un nouveau genre. D’étranges expériences s’y déroulent à cheval sur les arts et les sciences.

4, rue du Bouloi, 75001 Paris.C’est plus que jamais dans l’air du temps. Les critiques évoquent sans cesse un changement de paradigme, un nouveau statut pour l’art. Il suffit de tendre l’oreille pour s’en rendre compte. Loris Gréaud, par exemple, qui occupe le Palais de Tokyo à la faveur de son Cellar Door, n’en finit pas de faire référence à la physique quantique ou aux neurosciences. Les nouvelles technologies et les sciences s’affichent désormais comme le nouvel horizon de l’art. Soit, un firmament inédit qui aurait l’insigne avantage de générer une réalité plus profonde que celle qui serait issue de la bouche de l’homme. A Paris, un nouveau lieu de culture ouvert en octobre dernier s’est engouffré dans cette brèche. On le doit à David Edwards, ce professeur de biologie franco-américain qui enseigne à Harvard se veut tout à la fois écrivain et scientifique. Il est à la base du concept d’artscience, une approche développée dans l’un de ses ouvrages – Art- science: Creativity in the Post-Google Generation – selon laquelle la démarche créative n’est plus exclusivement l’apanage de l’art, ni de la science. Pour lui, la planche de salut se trouve dans l’interdisciplinarité. Cette théorie est en fait née du constat que les chercheurs arrivaient souvent à sortir des apories liées aux questions étudiées par l’apprentissage d’une discipline artistique. La confrontation de deux domaines habituellement cloisonnés fait naître un nouveau champ d’expérimentation duquel Le Laboratoire se veut le terrain de jeu. Situé en plein centre de Paris, cet espace postindustriel de 1 300 m2 a été entièrement réhabilité par l’architecte Peter Rose. Quatre expériences – dont la dernière est en cours (voir ci-dessous) – y ont déjà pris place. Derrière celles-ci, on trouve à chaque fois la même démarche, donner la possibilité à un créateur de rencontrer un scientifique afin de lui permettre de jeter un autre regard sur la matière qu’il travaille. Au départ, une hypothèse est formulée, si elle est fructueuse, elle est transformée en une exposition qui ne rend pas seulement compte du résultat mais également du processus. Ainsi du plasticien Fabrice Hyber ayant travaillé sur les cellules souches, du designer Mathieu Lehanneur qui a conçu un épurateur d’air en tandem avec Edwards, ou encore du photographe James Nachtwey et ses clichés sur les grandes maladies infectieuses. A chaque fois, la rencontre des deux univers débouche sur un travail inédit.

www.lelaboratoire.org

MICHEL VERLINDEN

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