Michel Verlinden
Michel Verlinden Journaliste

Ambitions mesurées – À l’instar du Matadero à Madrid et du Radialsystem V à Berlin, Paris présente un nouveau lieu de résidence artistique: le Centquatre.

104 rue d’Aubervilliers, à 75019 Paris. Depuis le 11/10. La création artistique est un organisme vivant. Une matière organique qui s’étire et se développe. Pour l’accueillir de la meilleure façon, cela fait un moment que les grandes villes européennes se creusent la cervelle. L’idée étant de réinventer les lieux de culture, de leur offrir un gîte qui soit en phase avec les dernières avancées artistiques. Madrid a répondu par le Matadero, un lieu interdisciplinaire travaillé par la notion de réseau. Berlin s’est fendu du Radialsystem V, une adresse dédiée à la création contemporaine. Ces deux espaces ont en commun d’être logés au c£ur de bâtiments imposants appartenant au patrimoine industriel national. Ville d’art et de culture, Paris ne pouvait se permettre de se situer en dessous de ces deux nouveaux standards européens. Avec le Centquatre, la Ville lumière ne déçoit en aucune façon.

Adresse plurielle

Ni musée ni galerie, le Centquatre est à la fois lieu de création, de diffusion, de résidence et de promenade. Soit un espace ouvert sur la ville qui participe à la transformation d’un quartier populaire de Paris. De façon paradoxale, cette renaissance artistique s’appuie sur ce qui était autrefois les Pompes funèbres municipales. Le symbole est fort pour un lieu plein d’ambition. Au total, ce sont 39 000 mètres carrés à découvrir qui mêlent salles d’exposition, jardin suspendu, espaces polyvalents et futurs commerces. De façon opportune, la gestion du lieu a été confiée à deux artistes, Robert Cantarella et Frédéric Fisbach. Pour l’ouverture, ce tandem a préparé un programme plutôt alléchant. Ainsi, il sera possible de voir quelques-uns des 32 films de cinéma de l’artiste Anri Sala déclenchés par une station météo réelle; investir une maquette géante conçue par Paul Cox ; assister et participer à une étape de plantation des cours anglaises avec Coloco, collectif d’explorateurs de la diversité urbaine; lire et écouter les 104 slogans de Christian Prigent, modifiables grâce à une boîte à outils; assister à la création de moments musicaux conçus par le compositeur Gérard Pesson. Les £uvres réalisées par les artistes en résidence depuis deux ans, dans le cadre de la préfiguration, ponctueront également le lieu: Viande Froide, une installation sonore d’Olivia Rosenthal; les images grands formats de Stéphane Couturier ; le module Dr Jekyll & Mr Mouse de Berger & Berger, les photos de Maï Lucas et d’Alain Bernardini, le lieu de mémoire d’Adrien Rovero ou encore des extraits du film En chantier, du collectif Relevé d’Images. Dans la foulée, le lieu lance le premier numéro de sa revue éponyme.

www.104.fr

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