Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Nouveaux romantiques – Golden Silvers débarque de nulle part avec True Romance, et remet dix pièces d’or dans le juke-box britpop. Sans guitare s’il vous plaît…

« True Romance »

Distribué par XL Recordings.

Vous vous souvenez de True Romance? Cet excellent film de Tony Scott scénarisé par Tarantino où Christian Slater se taille avec une prostituée (Patricia Arquette) poursuivi par une bande de vilains Siciliens? Mais si. On y voyait même le fantôme du King et Brad Pitt en junkie lymphatique et pathétique tue-l’amour. Vous voyez, maintenant. Et bien aucun lien…. Les seuls points communs entre le premier album des Goldens Silvers et ce petit bijou du début des années 90 sont un titre et une histoire totalement invraisemblable.

Jugez plutôt. Les trois lascars londoniens, que certains voient déjà s’asseoir sur le trône de Blur, ont joué à Glastonbury avant même d’avoir mis le feu au Net, signé avec une prestigieuse maison de disques ou sorti une plaque qui affolait les charts. A défaut de passer par la porte, les maigrichons sont rentrés par la fenêtre… Ils ont toujours essayé de se débrouiller à leur manière.

« Nous avons décroché notre ticket pour Glastonbury grâce à un concours auquel nous ne nous sommes même pas inscrits, avoue le bassiste Ben Moorhouse, amusé. Notre manager a envoyé une de nos démos et rempli le formulaire de participation sans nous en parler. Un beau jour, nous avons reçu une lettre confirmant notre heure de passage sur scène pour la finale. Sur 2400 concurrents, il en restait douze en lice. » Les Golden Silvers ont remporté la timbale. Attrapé la floche. Et par la même occasion débouché les oreilles de milliers de jeunes Anglais. Contrairement à tous leurs confrères incapables de traverser la Manche (ça suffit pas toujours le Ferry, le Thalys et British Airways), Gwylim Gold et ses potes peuvent rêver d’horizons lointains. Paraît même qu’ils rencontrent déjà davantage de succès à Tokyo qu’à Londres.

Keane’s Evil Cousins

Gwylim (chanteur et claviériste) a rencontré Alexis Nunez (batteur) à l’école. Ils sont tombés sur Ben Moorhouse (bassiste) lors d’une Tuesday Night Jam Session à l’Asylum sur Percy Street et sont des habitués du Bronze Club comme Micachu et Esser. S’ils se considèrent comme les  » Keane’s Evil Cousins« , estiment faire de la  » love music« , se disent inspirés par Prince, le Love Symbol, et ont intitulé leur disque True Romance, les trois lascars n’ont rien de Roméos niais, d’amoureux transis écervelés. « Même un match de foot peut être vu de façon romantique, insiste Gwylim. Eprouver un sentiment passionnel est dans la nature de l’homme. »

Leur nature à eux, c’est Marvin Gaye et les Beach Boys, Bob Dylan et Leonard Cohen. Pourtant, les Golden Silvers ont enregistré leur album en écoutant du hip hop et du R’n’B. Ils sonnent à l’occasion ( Shakes) comme les Happy Mondays. Sont souvent présentés comme les héritiers de la Britpop. Et vous n’entendrez pas de guitare en écoutant leur disque. « Ecrivez ce que vous voulez de nous. Nous ne sommes pas des emmerdeurs. Nous serons contents tant que des gens prendront du bon temps en nous écoutant. » Ca, messieurs, ça ne devrait pas poser trop de problèmes.

www.myspace.com/goldensilvers

En concert au Pukkelpop le 20 août.

Julien Broquet

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