Michel Verlinden
Michel Verlinden Journaliste

MÊME SI ST-ART N’EST PAS LA FOIRE D’ART CONTEMPORAIN LA PLUS RETENTISSANTE, ELLE MÉRITE D’ÊTRE DÉCOUVERTE POUR SA PROGRAMMATION COHÉRENTE ET ACCESSIBLE.

ST-ART

PARC DES EXPOSITIONS, WACKEN, 7, PLACE ADRIEN ZELLER, À 67 007 STRASBOURG. DU 21 AU 24/11.

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Foire européenne d’art contemporain basée à Strasbourg, ST-ART a déjà fait ses preuves en 18 éditions successives. Même si vu de Paris, cela reste trop souvent une simple « foire de province », il serait stupide de ne pas lui donner sa chance, ne serait-ce qu’une fois. Surtout dans la mesure où il y a tout lieu de penser que l’édition 2014 constituera un moment privilégié pour y pointer le bout du nez. « Nouvel élan », « montée en gamme », tels sont les commentaires qui s’échangent entre spécialistes, quelques jours avant son ouverture. Il est vrai que si l’on regarde du côté des chiffres -ils n’ont jamais cessé de progresser-, il y a de quoi être impressionné. Cette année, ST-ART rassemble 92 galeries venues de huit pays différents -dont la Belgique qui aligne pas moins de six galeries- sur quelque 10 000 mètres carrés. Le tout pour un événement qui accueille à chaque fois un minimum de 30 000 visiteurs. Le positionnement? Pour Philippe Meder, le directeur, il est clair: « Nous ciblons un bassin transfrontalier avec des courants artistiques et des artistes qui, pour certains, ne sont présentés nulle part. Strasbourg, ville de culture, avec la dynamique culturelle régionale (FRAC, fondations, musées, lieux d’exposition, collections privées), nous y aide fortement. » En clair, on viendra ici pour découvrir, oser, être surpris, plutôt que pour saliver devant des signatures et des prix inaccessibles. A cet égard, on pointera le lancement d’un nouveau logo, « Access Art », permettant une meilleure visibilité aux acheteurs. Ce macaron sera apposé en dessous de toute oeuvre à moins de 1000 euros. L’autre initiative à saluer est celle qui est reprise sous l’intitulé « One-Man-Show » -une vraie bulle d’oxygène dans ce genre de manifestation où l’oeil sature- et qui consiste à proposer à une vingtaine de galeries de consacrer 30 % de leur espace à un seul artiste. L’événement y gagnera en cohérence et concentration, c’est sûr.

Temps forts

S’il est impossible de détailler par le menu le large éventail des artistes retenus, on ne résiste pas à citer quelques temps forts à nos yeux. Ainsi de l’Anversois Diederik Boyen (photo), représenté par L’Art Industriel, une galerie italienne. Boyen est un portraitiste hors pair qui aborde avec beaucoup de finesse et de pudeur la question de l’identité. Peintre-orfèvre, il parvient à suggérer avec une rare intensité l’intériorité, l’être même du sujet représenté au-delà de ses oripeaux. Du côté des valeurs sûres, on pointera la galerie Cortade Art qui présente un générique impressionnant -Buffet, Combas, Tobiasse…- au sein duquel on soulignera surtout le travail de Mario Chichorro, figure réputée en matière d’art brut -Jean Dubuffet himself l’ayant distingué. Enfin, difficile de ne pas mentionner une galerie belge, à savoir Mazel Galerie, qui débarque avec ses fers de lance: Claire Fanjul, Laurina Paperina, Bernard Pras, Antoine Rose, Bruno Timmermans et surtout Vuk Vidor. Ce dernier signe des compositions flamboyantes, au croisement du baroque et du pop art, qui racontent l’inéluctable chute des empires.

WWW.ST-ART.FR

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