Guy Verstraeten
Guy Verstraeten Journaliste télé

20.45 TF1

PRÉSENTÉ PAR NIKOS ALIAGAS.

Jamais en retard d’une émission « ramasse-audience », TF1 sort ce samedi l’un de ses jokers préférés du moment: après Dany Boon, célébré comme un pharaon par son si bon ami Arthur, c’est à Kad Merad, l’autre cheville ouvrière des Ch’tis, que Nikos « Star’Ac » Aliagas servira la soupe. Et quelque part, c’est avec un peu de tristesse que l’on pose ce constat. Car avant d’être lissé par la chaîne commerciale et par ses succès au box-office, Kad Merad était probablement l’une des figures les plus vives de l’humour hexagonal. Finies donc les frasques iconoclastes, scatologiques ou totalement absurdes de Kad & O, voilà Kad VRP de Bouygues Télévision, obligé de rappeler, par l’une ou l’autre désopilantes réparties noyées dans un océan de banalités, ce qu’il fut jadis.

Révélé au détour du siècle par la chaîne thématique Comédie!, Kad Merad était alors le maillon fort du duo d’anciens compères radiophoniques Kad & Olivier. À ce propos, les vaches grasses de l’un surlignent cruellement les errances de l’autre: aujourd’hui, quand Kad pond les projets gagnants comme des £ufs de lompe, Olivier Baroux enchaîne les comédies poussives et rapidement poussées hors des salles obscures. Et ce, même si ce bon vieux Kad continue à lui prêter sa nouvelle notoriété. Kad & Olivier, c’était La Grosse Emission (et leur jubilatoire « Kamoulox ») sur Comédie! ou Burger Quizz sur Canal, deux émissions dont le duo a gaiement assuré la présentation pendant quelques années. Ce fut également deux films aussi potaches que percutants pour les zygomatiques – » C’est quoi ton plat préféré? »  » Des patates!« -, Mais qui a tué Pamela Rose et Un ticket pour l’espace.

EN SOUVENIR DES JEAN-MICHEL

Progressivement, le visage ovoïde et les yeux canins de Kad Merad, né il y a 45 ans en Algérie, se sont insinués dans le ciné français traditionnel, notamment dans l’énorme succès de Christophe Barratier, Les Choristes. Lancé par ces 8,5 millions de téléspectateurs, Merad atteindra la reconnaissance critique trois années plus tard, en 2007, en campant de manière bouleversante le père d’une Mélanie Laurent anorexique, dans Je vais bien, ne t’en fais pas, de Philippe Lioret. S’en suivirent quelques sympathiques comédies et bien entendu le casse du siècle, Bienvenue chez les Ch’tis. Depuis, Kad s’est fourvoyé dans quelques fadasseries franchouillardes pour lesquelles, dorénavant, son seul nom fait gigoter les producteurs. Dernier succès en date, Le Petit Nicolas ajoute encore quelques millions d’entrées à son palmarès sans que sa crédibilité artistique n’en soit forcément renforcée. Bref, l’émission de ce samedi, où des tas d’invités défileront pour répéter à quel point Kad est grand et à quel point Kad est drôle, sera certainement une opportunité à saisir pour revivre les sketchs passés de Kad & O, notamment les énormissimes Compilations des Jean-Michel, chanteurs inconnus. C’était au temps..

Guy Verstraeten

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