Louis Danvers
Louis Danvers Journaliste cinéma

Un monde trop parfait – Bruce Willis sauve une fois de plus l’humanité, mais d’elle-même, dans un bon film de SF où des robots plus vrais que nature promettent une vie idéale… qui n’en est pas une.

De Jonathan Mostow. Avec Bruce Willis, Radha Mitchell, Rosamund Pike. 1 h 25. Sortie: 21/10.

Vivre est dangereux. D’ailleurs, personne n’en sort vivant! Cette évidence est au programme subliminal de Clones, un bon petit film de genre intelligemment conçu et habilement réalisé. Adapté du comic book Surrogates de Robert Venditti et Brett Weldele, c’est l’histoire d’un monde où chaque être humain qui en a les moyens possède un double robotique conçu à son image idéalisée (plus jeune, plus mince, plus séduisante) et qui vit au-dehors l’existence de maîtres restant cloîtrés chez eux, allongés dans des fauteuils spéciaux d’où une machinerie leur permet de commander leur avatar à distance par leur seul cerveau. Une puissante société a le monopole mondial de ces créatures fabuleuses, machines humanoïdes évitant à leurs propriétaires de se risquer à l’extérieur, d’avoir un accident, d’attraper un virus, de se faire agresser…

Agent double

Inspiré tout à la fois par des recherches (bien réelles) sur les prothèses commandées par la pensée, et de l’addiction aux univers virtuels (Internet, consoles de jeux), le scénario de Clones propose une variation astucieuse sur un thème déjà plusieurs fois exploré au cinéma. Il prend pour personnage principal un policier, joué par un Bruce Willis toujours prêt à sauver le genre humain, on le sait bien. S’il a comme tout le monde un double, bien pratique pour ne pas prendre une balle ou tomber d’un toit en poursuivant des malfrats, l’agent Greer regrette le temps des vrais contacts humains. Il souffre surtout d’avoir perdu son jeune fils dans un accident, et de voir sa femme rester enfermée dans sa chambre, le laissant seul avec son double à elle, version éternellement jeune et sexy de celle qu’il aime et qui lui manque « en chair et en os ». Une enquête sur un crime mystérieux, remontant peut-être à un groupe d’activistes anti-robots, lui offrira l’occasion de renouer avec les bonnes vieilles méthodes…

Si les effets spéciaux de Clones sont crédibles et soignés, ils ne sont jamais l’essentiel d’un film qui s’avance sous l’habit de la science-fiction mais cultive la bonne tradition du polar nerveux et percutant. Cette simplicité, alliée à quelques rebondissements du meilleur aloi, fait du film de Jonathan Mostow un spectacle efficace et plaisant. Le réalisateur de U-571 avait déjà creusé la veine humanoïde avec Terminator 3 – Le Soulèvement des machines, voici un peu plus de 6 ans. Il a bien fait d’y revenir!

Retrouvez toute l’actualité cinéma commentée par Jean-François Pluijgers, chaque mercredi à 8 h 30, sur Musiq3.

Louis Danvers

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