Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

De plus en plus de groupes et de tournées font l’impasse sur la capitale de l’Europe. Embouteillages…

Tricky fera une halte à Anvers (Hof Ter Lo). TV On The Radio jouera à Louvain (Het Depot) et les Black Keys s’arrêteront à Gand (Vooruit)… Dans les semaines à venir, pas mal d’artistes indépendants feront des infidélités à Bruxelles. Oubliant même de rendre visite à leur ancienne maîtresse. Principale raison de cette situation: les groupes se bousculent au portillon et les salles de la capitale arrivent tout doucement à saturation.

 » Nous rencontrons des problèmes de disponibilité sur l’Ancienne Belgique, le Cirque royal… Il y a trop d’activités, trop d’artistes à présenter, commente Philippe Kopp de Live Nation. Quand un concert est proposé tardivement, nous sommes souvent coincés. Nous devons donc trouver un endroit où le caser. C’est aussi ce qui explique l’augmentation significative du nombre de concerts aux Halles de Schaerbeek. »

Prenons l’ AB. Le 12 novembre, Tricky y est bloqué par Tryo tandis que le 22, Stef Kamil Carlens coupe l’herbe sous le pied de TV On The Radio. Aussi étrange que cela puisse paraître, l’embouteillage va de paire avec la crise de l’industrie. Les groupes, qui gagnent moins d’argent avec leurs ventes de disques, s’orientent davantage vers le live pour faire leur beurre. Ils tournent plus longtemps. Et plus souvent.

En attendant, c’est surtout le nord du pays qui en profite.  » Notre volonté est avant tout de faire tourner les artistes qui selon nous doivent être montrés. Et ce dans des endroits adéquats. Très peu de salles en Wallonie font l’affaire. Le Forum de Liège est surtout indiqué pour la variété. La Soundstation, pour le moment, est fermée. Quand à l’Eden, il est difficile d’y intercaler des concerts vu son statut de centre culturel. » Le théâtre prenant de la place et travaillant sur de longues échéances avec sa programmation annuelle.

De toute façon, le public aura du mal à soutenir pareille cadence.  » Il ne suit pas, conclut Philippe Kopp. Il ne tiendra jamais à ce rythme-là. D’autant que nous allons, nous aussi, probablement subir les conséquences de la crise financière. »

Julien Broquet

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