À la télé ce soir : Westworld (saison 4)

© warner

Depuis sa création en 2016, le grand navire sériel Westworld, inspiré du film éponyme de Michael Crichton (1973), est centré autour d’une puissante firme créant, telle une divinité autoproclamée, des androïdes plus vrais que nature, animés par une IA nommée Rehoboam et peuplant des parcs d’attractions thématiques. Là, des clients (in)fortunés sont autorisés à y décharger leurs pulsions. Jusqu’à ce que ces répliques high-tech, les Hôtes, acquièrent une conscience et, devenus “ sentients” commencent à revendiquer une forme d’autonomie. Y compris par la voie du sang. Chaque saison déploie de nouveaux décors et les questions morales de plus en plus complexes nées des prémices de la série et de leurs courts-circuits. Au carrefour de l’aventure transhumaniste, d’un reboot particulièrement violent et pervers de la théorie de l’évolution et de l’adaptation des espèces ainsi que d’une nouvelle version de la révolte des machines face au capitalisme, la série créée par Jonathan Nolan et Lisa Joy s’est imposée très vite comme un blockbuster gavé de high concepts, dopé aux effets de sidération.

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Cette nouvelle saison ne fait pas exception. Elle rebondit en partie sur les événements de la précédente mais propose de nouveaux décors et des intrigues qui ont tout du mindfuck. La place et le destin des sentients se jouent désormais parmi les humains dans le monde réel, mais encore faut-il s’entendre sur ce monde réel, visiblement manipulé par Rehoboam. Le scénario a abattu quelques cartes, fait revenir d’entre les morts des personnages hautement emblématiques et problématiques. Dolores (Evan Rachel Wood) réapparaît sous les traits de Christina, jeune femme triste et aspirante écrivaine à la dérive dans une grande ville. Teddy (James Marsden) revient parmi nous, mais pas sous les habits du cow-boy qu’il était jadis. Maeve (Thandiwe Newton) poursuit la lutte tandis que Bernard (Jeffrey Wright) n’en finit pas de payer le prix de ses actions, plongé lui aussi dans une guerre sans merci. L’Homme en Noir (Ed Harris), désormais robot, poursuit sa quête sanguinolente, mais on sent le crépuscule arriver, à moins qu’un nouveau sursaut de vie inattendu ne nous le rende dans une version encore plus angoissante de lui-même.

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Poursuivant son exploration thématique des grandes étapes de l’Histoire fantasmatique américaine et mondiale, avec des univers de gangsters, de Seconde Guerre mondiale et de Japon médiéval, époque shoguns, Westworld gorge son récit de scènes toujours aussi saisissantes, tant par leur tension que par leur symbolique intrinsèque. Mais dans ce nouveau metaverse, les jeux de miroirs et les coups de théâtre, mis en scène dans un gigantisme toujours plus revendiqué, imposent d’avoir l’esprit clair au moment du visionnage.

Série créée par Jonathan Nolan et Lisa Joy. Avec Evan Rachel Wood, Aaron Paul, Ariana DeBose.

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