Elles Tournent dans quelques jours, Rotterdam dans quelques semaines, Berlin dans quelques mois: les festivals de cinéma en ligne ont le vent en poupe, et pour cause. Pour peu, on en oublierait qu'il en allait tout autrement en 2011, lorsque Unifrance, l'organisme chargé de la promotion du cinéma français dans le monde, lançait MyFrenchFilmFestival, une manifestation proposant de découvrir un échantillon représentatif de la production hexagonale et francophone sur Internet, initiative accueillie avec un certain scepticisme à l'époque. Une décennie plus tard, le concept a largement fait ses preuves, à tel point que Nicolas Winding Refn, président du jury en 2016, pouvait risquer: "La France a inventé le cinéma. Avec MyFrenchFilmFestival, elle a depuis inventé le futur du cinéma."
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Elles Tournent dans quelques jours, Rotterdam dans quelques semaines, Berlin dans quelques mois: les festivals de cinéma en ligne ont le vent en poupe, et pour cause. Pour peu, on en oublierait qu'il en allait tout autrement en 2011, lorsque Unifrance, l'organisme chargé de la promotion du cinéma français dans le monde, lançait MyFrenchFilmFestival, une manifestation proposant de découvrir un échantillon représentatif de la production hexagonale et francophone sur Internet, initiative accueillie avec un certain scepticisme à l'époque. Une décennie plus tard, le concept a largement fait ses preuves, à tel point que Nicolas Winding Refn, président du jury en 2016, pouvait risquer: "La France a inventé le cinéma. Avec MyFrenchFilmFestival, elle a depuis inventé le futur du cinéma." Au total, ce sont quelque 250 films qui ont été présentés lors des dix premières éditions du festival, pour 54 millions de visionnages dans le monde, dont 12 pour le seul millésime 2020. Autant dire que non content de s'inscrire dans la durée, l'événement a acquis une incontestable légitimité, encore accentuée dans les circonstances sanitaires présentes -"Le cinéma est vivant, c'est ça qui est fondamental", insistera Serge Toubiana, le président d'Unifrance, en présentant (via Zoom) une onzième édition ayant aussi pour vocation de "montrer des films partout dans le monde", et notamment "là où le cinéma ne va pas". Non sans souligner, si nécessaire, la vitalité et la diversité du cinéma francophone -figurent ainsi au palmarès des dernières années L'Heure de la sortie de Sébastien Marnier, Diane a les épaules de Fabien Gorgeart, Hippocrate de Thomas Lilti, ou encore Alleluia de Fabrice Du Welz. Trente-trois films composent le menu du millésime 2021, accessible du 15 janvier au 15 février sur le site dédié et plus de 60 plateformes dans quelque 200 territoires (1). Parmi ceux-là, dix longs et dix courts métrages en compétition, que sera invité à départager un jury de professionnels où l'on retrouve l'actrice-réalisatrice canadienne Monia Chokri, sa consoeur franco-algérienne Mounia Meddour, le cinéaste colombien Franco Lolli, le documentariste italien Gianfranco Rosi et la distributrice française Rosalie Varda. Au menu, plusieurs films sortis en Belgique dans les plis des confinements successifs: ainsi, par exemple, de Énorme de Sophie Letourneur, de Felicità de Bruno Merle, ou encore de Filles de joie de Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich, le candidat belge aux Oscars, la sélection s'étendant sous nos latitudes ainsi qu'en Suisse et au Canada. Quelques autres ont par ailleurs été diffusés en DVD, comme Tu mérites un amour, le fort réussi premier long métrage réalisé par la comédienne Hafsia Herzi. S'y ajoute une volée de films inédits, dont les très attendus Adolescentes, de Sébastien Lifshitz, documentaire brossant sur cinq années le portrait de deux adolescentes de la France rurale des années 2010, ou Josep, film d'animation signé Aurel, mais aussi Just Kids, de Christophe Blanc, l'histoire de trois enfants se retrouvant brutalement orphelins, Vif-Argent, balade parisienne spectrale de Stéphane Batut, ou Kuessipan, de la Canadienne Myriam Verreault, tourné avec des non-professionnels dans la communauté inuite. Si l'on pointera encore, au nombre des courts métrages, Famille nucléaire, de la réalisatrice belge Faustine Crespy, le festival s'offre également une incursion dans la réalité virtuelle avec, entre autres, Odyssey 1.4.9, de François Vautier, immersion dans le 2001 de Stanley Kubrick. Enfin, deux classiques complètent le programme, à savoir l'Orphée tourné par Jean Cocteau en 1950, mais aussi La Vie des morts, le moyen métrage qui révélait Arnaud Desplechin il y a tout juste 30 ans. De quoi patienter avant de découvrir son nouveau long, Tromperie, adapté de Philip Roth et réunissant Léa Seydoux, Denis Podalydès et Emmanuelle Devos, sans conteste l'un des films les plus attendus de l'année...