Le cinéaste français signe là un thriller à coloration fantastique à l'efficacité éprouvée, non sans proposer une réflexion aiguisée sur le monde, exploitant avec maestria les possibilités du cinéma de genre. Le premier plan suffit à situer l'étrangeté du film qui s'ouvre sur le suicide d'un professeur se défenestrant en plein cours, comme mu par une force irrésistible. Appelé à le remplacer, Pierre Hoffman (Laurent Lafitte, magistral, lire son interview dans Le Vif) ne tarde pas à découvrir la singularité du collège Saint-Joseph, un établissement prestigieux où des élèves à haut potentiel ont été réunis dans une classe pilote -ceux-là même qui, aujourd'hui, ne cherchent même pas à dissimuler leur hostilité et leur mépris à son égard. Et le prof suppléant de tenter, jusqu'à l'obsession, de percer le mystère de ce groupe d'ados et leur irrépressible besoin de jouer avec les limites... Impossible, à la vision de L'Heure de la sortie, de ne pas penser au Village des damnés, de Wolf Rilla, revisité en son temps par John Carpenter. Pour autant, Sébastien Marnier fait oeuvre toute personnelle, baladant le spectateur au gré d'un scénario habile convoquant aussi bien l'humeur diffuse de l'époque qu'un péril écologique objectif, pour signer un film anxiogène intensément perturbant.

Thriller fantastique de Sébastien Marnier. Avec Laurent Lafitte, Emmanuelle Bercot, Pascal Greggory. 1h43. Sortie: 03/07, au Palace, à Bruxelles. ****