Trois ans après The Neon Demon et son trip hallucinant, Too Old to Die Young consacre le retour aux affaires de Nicolas Winding Refn. Et quel retour: treize heures d'une série permettant au cinéaste danois d'aller au bout de ses obsessions, esthétiques et autres, en quelque plongée dans la noirceur striée de violence d'une Los Angeles oscillant entre fantasme, cauchemar et réalité. L'équipée de Martin Jones (Miles Teller, confirmant après Whiplash et autre Thank You for Your Service être taillé pour les expériences extrêmes), flic hanté doublé d'un tueur laconique, "NWR", comme il signe désormais ses films, raconte en avoir eu l'idée pendant la préparation de The Neon Demon. Et cela, alors qu'il sillonnait L.A. en voiture, installé dans le siège du passager s'entend, le réalisateur de Drive ne conduisant pas en effet. "J'écoutais Mandy de Barry Manilow lorsque l'idée de faire quelque chose autour de la religion, la mort et Los Angeles m'est venue à l'esprit, assortie d'un titre: Too Old to Die Young. Le concept gravitait autour de samouraïs, évoluant à L.A. C'était par ailleurs l'époque où Netflix commençait à créer des contenus originaux avec succès. L'heure semblait donc propice à faire de la télévision. Ce canevas m'intriguait, par sa nouvelle manière de fournir du divertissement." Et de s'atteler dans la foulée, en compagnie du scénariste de comics Ed Brubaker (Catwoman, Gotham Central...), au contenu d'une série en streaming qu'Amazon, le distributeur américain de ses films, s'empressera d'accueillir à bras ouverts.
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