La 48e édition du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (FIBD) restera probablement dans les annales, mais pas seulement pour ses Fauve d'Or pour une fois très féminins et attribués ce vendredi ente autres à Loo Hui Phang, Léonie Bischoff ou Maurane Mazars par un jury présidé cette année par le scénariste et spécialiste Benoit Peeters (voir le palmarès ci-dessous): non seulement la pandémie de Covid a obligé les organisateurs à dédoubler l'événement - les prix et de rares exposition...

La 48e édition du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (FIBD) restera probablement dans les annales, mais pas seulement pour ses Fauve d'Or pour une fois très féminins et attribués ce vendredi ente autres à Loo Hui Phang, Léonie Bischoff ou Maurane Mazars par un jury présidé cette année par le scénariste et spécialiste Benoit Peeters (voir le palmarès ci-dessous): non seulement la pandémie de Covid a obligé les organisateurs à dédoubler l'événement - les prix et de rares expositions ouvrent ce vendredi, le festival proprement dit a, lui, été reprogrammé du 24 au 27 juin prochain - mais ceux-ci font désormais face à une impressionnante fronde des auteurs, essentiellement français: ils sont désormais plus de 700 à avoir signés une tribune du collectif "Autrices et auteurs en action" (AAA), créé l'année dernière, et dans laquelle ils réitèrent leur intention d'un "boycott total du festival". En cause: la précarisation endémique et galopante de leur profession... alors que l'édition de BD ne s'est jamais aussi bien porté!L'institut GFK a ainsi fait connaître cette semaine les chiffres de l'édition BD en France pour 2020; malgré la pandémie, le confinement, le reconfinement et un passage généralisé au "Clique & Collecte", la bande dessinée a plus que tiré son épingle du jeu: +6% de chiffre d'affaires (591 millions d'euros) et +9% du nombre d'exemplaires vendus (53,1 millions d'albums, dont un trio de tête constitué par les derniers tomes de Lucky Luke, Blake & Mortimer et L'Arabe du Futur). Des chiffres florissants mais dont les bénéfices ne concernent en rien la majorité des auteurs, qui voient eux leurs droits d'auteur stagner à hauteur des 8%, les volumes de ventes continuer de baisser (on veut de plus en plus d'albums différents, plus de 5000, mais de moins en moins d'exemplaires par albums), le tout sans être rémunéré pour leur présence en festivals alors que la crise du Covid les touche de plein fouet, entre albums reportés et revenus annexes (ventes en festival, cours de dessin, ateliers) et que l'année 2020 devait être, en France, celle de la BD, entre de grandes manifestations et un "rapport Racine" (commandé par l'Etat, et qui concluait que plus d'un tiers vivait sous le seuil de pauvreté) qui devait être suivi d'effets... Il n'y a eu ni effets, ni manifestations de grande envergure. Le ras-le-bol, lui, semble avoir atteint son paroxysme. Au point de menacer la tenue même de son plus grand festival international? Réponse en juin prochain, si tout va bien.