L'univers policier a toujours fait fantasmer le monde merveilleux du divertissement. Le but n'est pas ici de passer en revue tous les traitements que le genre subit sous la plume du scénariste, l'oeil du réalisateur ou les crayons du dessinateur. Pour faire court, c'est le réalisme qui est à la mode et GoSt 111 joue dans cette catégorie. Sous le pseudo d'Henri Scala, crédité comme coscénariste, se...

L'univers policier a toujours fait fantasmer le monde merveilleux du divertissement. Le but n'est pas ici de passer en revue tous les traitements que le genre subit sous la plume du scénariste, l'oeil du réalisateur ou les crayons du dessinateur. Pour faire court, c'est le réalisme qui est à la mode et GoSt 111 joue dans cette catégorie. Sous le pseudo d'Henri Scala, crédité comme coscénariste, se cache un commissaire passé par des services d'investigation de la police française, de quoi garantir le sérieux de cet album. Le point de vue choisi avec son comparse d'écriture Mark Eacersall - et Marion Mousse au dessin- est celui de "la fabrique" des informateurs, à travers le personnage de Goran Stankovic. Ce papa d'une petite fille dont il a la garde exclusive, vit avec sa propre mère dans une cité périphérique de la capitale française.. Il perd son emploi et se voit contraint d'accepter un boulot pas très légal de convoyeur. Il se fait arrêter et n'a d'autre choix que de devenir "indic'". Le voilà plongé dans un univers qu'il connaît mal, coincé entre des flics pas très réglo et le milieu de la pègre franchement hostile. La vie de Goran devient un jeu d'équilibre, avec d'une part les exigences de renseignement de la police, faisant peser sur sa tête la menace du jugement de l'affaire pour laquelle il a été arrêté, et d'autre part, son implication dans des opérations de trafic d'armes ou de drogue à un niveau international. Le seul point positif est la rémunération qu'il en retire, mais qui attire par là même les vautours de son entourage. Le mètre étalon dans ce genre de BD est l'excellentissime R.G. de Dragon et Peeters et, franchement, GoSt 111 est de la même tenue. Même si le dessin n'a pas la virtuosité de celui de Peeters, il reste très efficace. Le scénario, lui, est en béton: les protagonistes sont solidement traités, sans excès, embarquant le lecteur dans un excellent polar noir.