Critique | Cinéma

[le film de la semaine] The Assistant, drame post-#MeToo des plus subtils et intelligents

Nicolas Clément
Nicolas Clément Journaliste cinéma

L’ombre menaçante d’Harvey Weinstein plane sur ce premier long métrage de fiction dépeignant avec une minutie quasiment maniaque le quotidien de Jane (impeccable Julia Garner, vue notamment dans la série Netflix Ozark), assistante taiseuse et solitaire d’un puissant nabab américain du divertissement.

Venue du documentaire, la scénariste et réalisatrice d’origine australienne Kitty Green réussit le petit miracle d’objectiver, en quelque sorte, la subjectivité de son héroïne, aspirante productrice amenée à prendre peu à peu conscience des abus insidieux liés à sa position. Le côté obsessionnel et répétitif de The Assistant fait brillamment écho à la nature même de son sujet latent: le harcèlement sexuel, suggéré avec une tétanisante froideur claustrophobique. Sourires entendus, mutisme inconfortable, regards en coin, remarques discrètement désobligeantes… C’est toute la violence sourde d’un monde où dominent la pression systémique et la loi du silence qui s’exprime sous le masque lissé et impassible des apparences dans cette proposition filmique à la forme assez radicalement aboutie. Primé à Deauville, New York ou encore Jérusalem, The Assistant s’impose comme l’un des longs métrages ouvertement post-#MeToo les plus subtils et intelligents à avoir atterri sur les écrans.

DRAME. De Kitty Green. Avec Julia Garner, Matthew Macfadyen, Makenzie Leigh. 1h27. Sortie: 25/08. ****

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