Critique | Cinéma

La Ruche: le film est porté par son lumineux quatuor d’actrices

3,5 / 5
© National
3,5 / 5

Titre - La Ruche

Genre - Drame

Réalisateur-trice - Christophe Hermans

Casting - Ludivine Sagnier, Sophie Breyer, Mara Taquin

Durée - 1h21

Avec La Ruche, Christophe Hermans livre un film sensible et entêtant sur trois sœurs qui portent sur leurs épaules frêles mais déterminées le poids de la maladie mentale de leur mère et ses défaillances.

Avec La Ruche, Christophe Hermans livre un film sensible et entêtant sur trois sœurs qui portent sur leurs épaules frêles mais déterminées le poids de la maladie mentale de leur mère et ses défaillances. Alice vit avec ses trois filles dans un cocon, un espace intime de confiance où les secrets sont (trop) bien gardés. Marion, l’aînée, se retrouve malgré elle en charge du care pour la famille. Elle vit un constant conflit de loyauté, partagée entre la fidélité sans faille qu’elle voue à sa mère, et une sororité contrariée pour ses sœurs qu’elle voudrait épargner. Si Claire, celle du milieu, incarne la rébellion, et Louise la cadette, l’insouciance et la fusion, Marion est le sacrifice. Un sacrifice qui la hante jusque dans ses envies d’ailleurs, en l’occurrence le Brésil, où elle projette d’aller, un départ que sa mère ira jusqu’à pirater, se l’appropriant et réduisant à néant ses espoirs d’indépendance. Ce huis clos intensément féminin met en scène une femme empêchée par la maladie d’être elle-même, et qui par ricochet pèse aussi sur ses enfants. La ruche, l’appartement aux rideaux clos, figure le secret, le pacte de silence passé entre les abeilles et leur reine, qui retient leur émancipation.

Dans cet univers feutré, les tensions montent, et les rêves explosent. Le film est porté par son lumineux quatuor d’actrices. Ludivine Sagnier ose le rôle de cette femme abîmée par la maladie. Sophie Breyer, héroïne qui porte sa famille comme son récit, laisse entrevoir sous une carapace à toutes épreuves les rêves d’insouciance qui l’habitent. Mara Taquin, volontaire et décidée, incarne celle qui prend son envol quitte à se brûler les ailes, tandis que Bonnie Duvauchelle est la pré-ado qui se retrouve encore dans l’amour inconditionnel.

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