Cannes: Spike Lee flingue tous azimuts

Adam Driver et John David Washington dans Blackkklansman de Spike Lee © DR
Jean-François Pluijgers
Jean-François Pluijgers Journaliste cinéma

Spike Lee en compétition, voilà 22 ans et Girl 6 que l’on attendait cela. Dire, pour autant, que Blackkklansman a totalement convaincu serait trahir la vérité.

Le réalisateur de Do The Right Thing y retrace l’histoire de Ron Stallworth (John David Washington), policier afro-américain de Colorado Springs qui, à la toute fin des années 70, devait réussir à infiltrer le chapitre local du Ku Klux Klan, abusant ses « coreligionnaires » en utilisant une rhétorique négrophobe lors de leurs conversations téléphoniques, avant de se faire doubler par un collègue blanc empruntant son identité (Adam Driver) lors de leurs réunions.

Un pari gonflé qui trouve aujourd’hui un prolongement savoureux devant la caméra de Spike Lee, s’appuyant sur une esthétique vintage truffée d’emprunts à la blaxploitation pour signer une satire mordante flinguant tous azimuts – des rednecks d’alors à Trump aujourd’hui, le film se terminant sur les émeutes racistes de Charlottesville en août 2017. Las, le cinéaste n’a pas précisément gagné en subtilité avec les ans, et le propos, s’il n’est certes pas dénué de pertinence, est à ce point appuyé que le trait en devient caricatural et, pour tout dire, presque anecdotique…

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