Critique | BD

Anna

4 / 5

Mia Oberländer, Editions Atrabile

Anna

224 pages

4 / 5
Colin Bouchat Journaliste BD

L’éloge de la différence peut parfois prendre des chemins détournés. Le choix de Mia Oberländer, jeune autrice allemande, est pour le moins paradoxal. Elle démonte l’a priori qui voudrait qu’être grande pour une femme -dans le sens taille mannequin- est un avantage. Bien sûr, ressembler à Heidi Klum ou pouvoir boire du coca après 18 heures parce qu’on est grande, c’est super. Mais quand on vient au monde exagérément grande dans le petit village de montagne de Bad Hohenheim, cela bouscule la normalité et ce n’est jamais vu d’un très bon oeil. Tout commence dans la maison du bonheur où Anna 1, une grande et puissante femme, épouse un grand homme. Naît de cette union Anna 2, qui très vite présente la particularité d’avoir des jambes kilométriques. Pour éviter le scandale, elle quitte la maison familiale pour aller chercher à son tour un mari dans la grande ville. Elle en reviendra bien vite avec une Anna 3, aussi grande qu’elle… Mais sans mari. L’autrice, au travers de cette fable, déconstruit les préjugés, révèle les esprits étriqués et la peur face à la puissance des femmes. Elle le fait avec beaucoup d’humour et d’intelligence, en démontrant que la normalité peut être bien vite bousculée. Elle est aidée dans sa tâche par un dessin géométrique et faussement enfantin, dans lequel chaque couleur est attribuée à une période définie par chaque Anna. Une première bande dessinée à découvrir.

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