[Critique ciné] In the Fade, rageur et poussif

16/01/18 à 14:50 - Mise à jour à 14:49

Source: Focus Vif

DRAME | Attirant utilement l'attention sur le terrorisme d'extrême-droite, In the Fade n'est malheureusement pas abouti.

[Critique ciné] In the Fade, rageur et poussif

Récit en trois actes, In the Fade débute lorsque Katja Sekerci (Diane Kruger) voit sa vie balayée par l'explosion criminelle emportant son mari, Nuri (Numan Acar), et leur fils Rocco (Rafael Santana). Alors que les premières recherches des enquêteurs s'orientent vers le "milieu" (la victime avait fait de la prison pour trafic de stupéfiants avant de se racheter une conduite), il apparaît rapidement, rejoignant en cela la conviction de la jeune femme dévastée, que l'attentat est l'oeuvre d'un couple de néo-nazis. Mais si leur procès s'ouvre bientôt, c'est pour la laisser plus amère encore, Katja encaissant le choc, anéantie et impuissante, pour en ressortir animée du seul désir de vengeance...

Curieux parcours que celui du cinéaste allemand d'origine turque Fatih Akin, unanimement salué pour Gegen die Wand et Auf der anderen Seite notamment, avant de se planter dans les grandes largeurs avec The Cut, tentative méritoire mais maladroite d'évoquer le génocide arménien. Attirant utilement l'attention sur le terrorisme d'extrême-droite (et les actes du NSU, coupable de crimes racistes en Allemagne au début des années 2000), In the Fade n'est malheureusement pas plus abouti qui, passé un premier chapitre d'une rare intensité, verse dans la caricature grossière à l'heure du procès, avant d'adopter la loi du Talion pour ressort narratif exclusif dans son dernier acte. Sous couvert de cinéma de genre(s), ce film rageur et poussif dispense un parfum rance, l'exceptionnelle composition de Diane Kruger, couronnée du prix d'interprétation à Cannes, ne suffisant pas à dissiper le malaise...

De Fatih Akin. Avec Diane Kruger, Denis Moschitto, Numan Acar. 1h46. Sortie: 17/01. **

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