Cela n'était pas censé se passer comme ça. "Au départ, l'idée était simplement d'écrire de nouveaux morceaux, tester des choses, avoue Swing. Mais sans pour autant sortir l'artillerie lourde, et me retrouver éventuellement avec un album: vu l'agenda du groupe, je n'aurais pas eu le temps de le défendre, ça aurait été frustrant." Seulement voilà: comme disait Lennon, "la vie est ce qui arrive quand on est occupé à faire d'autres plans". Deux ans après Marabout, Swing n'a peut-être pas encore un album sous la main, mais il n'a quand même pas pu s'empêcher de pousser les choses un peu plus loin en sortant un second EP. Intitulé Alt F4, il compte pas moins de sept titres, dont deux duos: l'un avec le rappeur Némir, l'autre avec la soeur d'un bon pote à lui... Angèle. "Quand vous vous retrouvez à faire un morceau avec la plus grosse vendeuse de disques de l'année écoulée, il serait dommage de ne rien mettre en place pour que les gens "tombent" dessus", sourit Swing. Ces dernières semaines, le Bruxellois a donc enchaîné les promos, françaises notamment, du plateau de Clique aux colonnes de Libération. Et S'en aller, de se retrouver notamment dans le Top 50 des chansons les plus "virales...

Cela n'était pas censé se passer comme ça. "Au départ, l'idée était simplement d'écrire de nouveaux morceaux, tester des choses, avoue Swing. Mais sans pour autant sortir l'artillerie lourde, et me retrouver éventuellement avec un album: vu l'agenda du groupe, je n'aurais pas eu le temps de le défendre, ça aurait été frustrant." Seulement voilà: comme disait Lennon, "la vie est ce qui arrive quand on est occupé à faire d'autres plans". Deux ans après Marabout, Swing n'a peut-être pas encore un album sous la main, mais il n'a quand même pas pu s'empêcher de pousser les choses un peu plus loin en sortant un second EP. Intitulé Alt F4, il compte pas moins de sept titres, dont deux duos: l'un avec le rappeur Némir, l'autre avec la soeur d'un bon pote à lui... Angèle. "Quand vous vous retrouvez à faire un morceau avec la plus grosse vendeuse de disques de l'année écoulée, il serait dommage de ne rien mettre en place pour que les gens "tombent" dessus", sourit Swing. Ces dernières semaines, le Bruxellois a donc enchaîné les promos, françaises notamment, du plateau de Clique aux colonnes de Libération. Et S'en aller, de se retrouver notamment dans le Top 50 des chansons les plus "virales" sur Spotify... Pourtant, Swing insiste: fondamentalement, "la priorité reste le groupe". En l'occurrence, L'Or du Commun, le trio rap formé avec ses camarades Primero et Loxley. En 2018, il sortait l'album Sapiens, dont on attend toujours le successeur. Le chantier est bien lancé. "Mais en avril de l'an dernier, on a reçu une série de propositions pour tourner en Amérique latine pendant l'été. " Ce qui a reculé d'autant la gestation d'un nouveau disque à trois. Et ouvert une fenêtre pour imaginer des morceaux solo pour Swing. "C'est comme ça que j'ai organisé une première session de trois jours en studio, à Paris." Les invitations sont lancées, le réseautage sur place activé, façon auberge espagnole: chacun vient un peu quand et comme il peut. Le premier jour, le producteur Twenty9 est dispo. Il amène notamment la base de ce qui donnera N. "J'ai directement trouvé le refrain et un premier couplet. Comme ça, quasi d'une traite. Je sentais que je tenais un morceau important, qui pouvait amener un projet." En trois sessions de trois jours, neuf titres sont ainsi enquillés, dont sept se retrouveront sur l'EP final. Efficacité maximale. Pendant longtemps, L'Or du Commun a joué du second degré, avant d'assumer plus franchement son amour du rap. En solo, Swing semble, lui, effectuer la démarche inverse: avec Alt F4, il chante toujours davantage, glissant du hip-hop à un format plus hybride, englobant humeurs soul, références UK bass ou même gospel (Pas besoin de raison). "C'est vrai que je me sens parfois à l'étroit dans les codes du rap. En particulier en France, où l'on véhicule encore énormément de clichés, sur le mode meuf, bling-bling, argent et drogue... Encore aujourd'hui, on continue de trouver ça cool! Un mec arrive, éteint son cerveau, vient juste poser sur un son, et tout le monde crie au génie (rires). Je ne dis pas, en soi, la démarche est tout à fait louable: on peut aussi faire des morceaux pour arrêter de penser. Mais ne faisons pas comme si c'était autre chose que ça." De Swing, il ne faudra donc jamais attendre de "banger" louant les courbes avantageuses de votre génitrice, ou de tube zumba calibré Club Med. Ce n'est de toutes façons pas cela que l'intéressé écoute le plus souvent. "Mes inspirations n'ont pas changé." Comme James Blake par exemple ou, pour rester dans le hip-hop, "Kendrick Lamar, Chance the Rapper ou Saba." "Des rappeurs qui se permettent aussi de chanter, ou de mélanger leur musique avec la soul, le jazz, etc." Une formule qui reste encore peu éprouvée en francophonie. "C'est aussi pour ça que le morceau avec Angèle était intéressant. J'ai l'impression que, comme moi, ça l'amenait ailleurs, sur un terrain un peu inhabituel." Tant qu'on parle de la famille Van Laeken, on avait cru également déceler l'influence -involontaire- de Roméo Elvis dans le titre N pour "négro" (en 2017, le rappeur avait utilisé le "n word" dans un freestyle en direct, à la radio, avant de se faire allumer sur Twitter). "Ah ben, c'est marrant, c'est la première fois qu'on m'en parle. Franchement, je n'y pensais pas du tout quand j'ai fait N. Pour moi, c'est le genre de micro-polémique qu'on trouve tous les jours sur Twitter, ça ne va pas plus loin que ça. Après, sur le fond, est-ce que mon pote peut dire "négro"? Totalement. Mais ça n'enlève pas le fait que ça peut blesser certaines personnes. Donc, il faut faire gaffe, surtout dans sa position. Je sais que ça l'a fort affecté, il ne refera pas l'erreur." Avec N, c'est surtout la première fois que Swing aborde plus frontalement la question du racisme ("Il paraîtrait que j'ai pas le bon faciès"). "À la base, en effet, je ne me voyais pas trop me lancer là-dedans. Ce n'est pas la place que j'ai envie de prendre." Peut-être parce qu'en tant que métisse, Siméon Zuyten, de son vrai nom, n'a pas envie de trop se fixer. Comme sa musique d'ailleurs, qui continue de lancer de nouvelles pistes. C'est ce que raconte l'EP Alt F4, jusque dans son titre, une référence au raccourci clavier qui permet de fermer toutes les fenêtres de l'écran pour en ouvrir d'autres. "Dernièrement, j'ai pas mal écouté l'album de Jaden Smith, par exemple. Vous comprenez vite que ce qui compte avant tout pour lui, c'est de détruire toutes les barrières. L'objectif est de faire en sorte que ce qu'il propose devienne de plus en plus impalpable et qu'au final, il se retrouve à pouvoir faire ce qu'il veut. C'est aussi ce qui m'attire dans la musique. J'ai envie qu'après chaque projet, je ne me sente pas enfermé, mais qu'au contraire ça m'ouvre de nouvelles portes. C'est particulièrement le cas avec cet EP. Avec Alt F4, j'ai l'impression que je peux encore faire plus de choses."