On a appuyé sur play comme ça, plus par curiosité qu'autre chose. Se disant qu'avec le beau monde à l'affiche, on risquait d'y trouver l'une ou l'autre bonne surprise. Et il n'a pas fallu longtemps pour qu'on soit happé par la richesse de ce McCartney III Imagined.
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On a appuyé sur play comme ça, plus par curiosité qu'autre chose. Se disant qu'avec le beau monde à l'affiche, on risquait d'y trouver l'une ou l'autre bonne surprise. Et il n'a pas fallu longtemps pour qu'on soit happé par la richesse de ce McCartney III Imagined. On comprend dès le premier enchaînement de morceaux que cette réinterprétation de l'album enregistré pendant le confinement par Sir Paul évitera les clichés de l'album de remixes, en explorant un maximum de pistes. Tantôt rejoués complètement, tantôt réarrangés, tantôt réimaginés: la personnalité de chacun.e.s des musicien.ne.s convié.e.s a savamment infusé dans des morceaux qui étaient déjà plutôt bien torchés à la base.Ici, le caméléon Beck transforme le single Find My Way en monstre de groove. Là, l'incandescente Phoebe Bridgers couche Seize the Day sur un tapis de velours. Plus loin, le guitariste de Radiohead Ed O'Brien (alias EOB) accélère le tempo de Slidin' et le rend encore plus agressif que ce qu'il était déjà (l'esprit d'un Helter Skelter n'est pas loin). Là encore, Dominic Fike tartine une couche de nu-soul sirupeuse sur The Kiss of Venus qui devient de facto le titre le plus solaire du disque. Et que dire des envolées psyché de la version de Khruangbin; de la batterie imparable d'Anderson .Paak qui fait de When Winter Comes une chanson radicalement différente; de Josh Homme qui imprime sa patte inimitable sans quasi rien toucher au morceau; ou encore de ce final entêtant signé 3D RDN (Robert Del Naja de Massive Attack) qui ose ajouter le séquenceur de Temporary Secretary à l'équation? Quand Paul McCartney avait créé la surprise avec son troisième solo, III, en décembre dernier, on n'avait pu que saluer l'endurance d'un monstre du rock encore capable de se réinventer du haut de ses 78 ans. Et si les grincheux avaient pu y déceler quelques signes de fatigue, ces nouvelles versions ne font que confirmer l'immensité du talent premier du Beatle: le songwriting. Chapeau bas, définitivement.