Cela fait des semaines que la Fédération Wallonie-Bruxelles avait donné son feu vert pour l'organisation d'événements-tests qui baliseraient la reprise du secteur, dès que la situation sanitaire le permettrait. Mais pour que ceux-ci puissent avoir lieu, il fallait encore avoir l'autorisation du Comité de concertation. Celui-ci s'est longuement fait attendre, mettant notamment en rage Charles Gardier (Francofolies de Spa) qui s'était proposé pour organiser l'un de ces concerts pilotes, avec le groupe Ykons. Les festivals francophones, rassemblés sous la bannière de la FFMWB, avaient eux aussi crié leur colère dans une carte blanche que nous relayions ce lundi.

Le blocage est désormais levé: si lors du Codeco de ce mercredi, le mot culture n'a été prononcé que du bout des lèvres, l'autorisation a toutefois été donnée pour que ces événements-tests puissent avoir lieu. "Les ministres de la Santé lanceront rapidement, avec les ministres compétents et les autorités locales, la possibilité d'une série de projets pilotes", a ainsi expliqué Alexander De Croo. Globalement, le Comité de concertation s'est accordé sur une "nouvelle approche" dans la gestion de la crise du coronavirus, davantage basée sur une "gestion des risques". Après un premier confinement qui touchait toute la population, un deuxième qui touchait des secteurs d'activité, "nous sommes à un moment charnière où nous devons passer à des mesures personnalisées", a expliqué le Premier ministre.

"Je pense que l'impatience du secteur est légitime"

Invitée sur le plateau de Matin Première ce jeudi matin, la ministre francophone de la Culture Bénédicte Linard a affirmé tout son soutien au secteur ("Aujourd'hui plus que jamais, on doit faire en sorte qu'on ait un accès minimum à la culture"), mais en a surtout dit un peu plus sur les tests à venir: "On en a prévu six en Fédération Wallonie-Bruxelles, avec l'idée de tester différentes formules: extérieur, intérieur, différentes modalités, différentes jauges. L'idée, ce n'est pas d'aller sur des conditions et jauges minimales, mais de voir jusqu'où on pourrait aller. (...) L'un des candidats, c'est Namur en mai, on pourrait se dire: est-ce qu'on ne testerait pas un événement extérieur dans les jauges maximales? On pourrait aussi envisager par exemple un concert, debout ou assis."

Plus loin, elle a semblé embarrassée face à l'autorisation d'organiser des petits événements à 50 personnes dès le 8 mai. "C'est évidemment bien en deçà des propositions qu'on avait mises sur la table en concertation et qu'on avait travaillées avec le secteur. À l'extérieur, on sait qu'il y a beaucoup moins de circulation du virus. 50, c'est très peu. Mais je veux envoyer un message au monde de la culture, il faut quand même explorer cette piste malgré tout, parce que ça va permettre de faire vivre des artistes, même si les jauges sont très petites. Je pense aux arts de la rue, par exemple, à certains petits événements."

Et les actions de désobéissance civile que certains théâtres comptent organiser, parallèlement à celles de l'horeca? "Je comprends tout à fait. Ce n'est pas à moi d'aller donner un jugement sur comment ça doit se passer. Mais ce que j'ai remarqué, avec Still Standing entre autres, c'est que le secteur culturel mène des événements dans le respect des règles sanitaires. Malgré cette impatience et cette voix qu'il faut entendre à juste titre, ils font évidemment attention à la situation sanitaire, et je pense qu'on doit le mettre en avant. (...) Je pense que l'impatience du secteur est légitime. Ça fait un an que j'accompagne le secteur et qu'on travaille ensemble à mettre en place des protocoles, à faire en sorte qu'un premier déconfinement ait lieu, qu'on revienne en arrière, mais qu'on essaie de maintenir le lien avec le public. Aujourd'hui, j'entends le Premier ministre qui dit qu'on va passer d'une gestion de crise à une gestion de risque. C'est exactement ce que le secteur demande depuis longtemps."

Le KVS, à Bruxelles, fait partie des institutions qui comptent prochainement l'ouvrir, dans les deux sens du terme. L'initiative semble être bien accueillie par le politique, notamment par le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close, qui déclarait dans un tweet que "La culture fait partie de l'ADN de Bruxelles. Les résultats de l'audit KVS que la Ville a commandé sont favorables et je soutiens leur demande d'un test le 26 avril. Vendredi prochain, pendant le codeco pour la culture, je demanderai de soutenir également cette approche positive".

(Avec Belga)

Cela fait des semaines que la Fédération Wallonie-Bruxelles avait donné son feu vert pour l'organisation d'événements-tests qui baliseraient la reprise du secteur, dès que la situation sanitaire le permettrait. Mais pour que ceux-ci puissent avoir lieu, il fallait encore avoir l'autorisation du Comité de concertation. Celui-ci s'est longuement fait attendre, mettant notamment en rage Charles Gardier (Francofolies de Spa) qui s'était proposé pour organiser l'un de ces concerts pilotes, avec le groupe Ykons. Les festivals francophones, rassemblés sous la bannière de la FFMWB, avaient eux aussi crié leur colère dans une carte blanche que nous relayions ce lundi. Le blocage est désormais levé: si lors du Codeco de ce mercredi, le mot culture n'a été prononcé que du bout des lèvres, l'autorisation a toutefois été donnée pour que ces événements-tests puissent avoir lieu. "Les ministres de la Santé lanceront rapidement, avec les ministres compétents et les autorités locales, la possibilité d'une série de projets pilotes", a ainsi expliqué Alexander De Croo. Globalement, le Comité de concertation s'est accordé sur une "nouvelle approche" dans la gestion de la crise du coronavirus, davantage basée sur une "gestion des risques". Après un premier confinement qui touchait toute la population, un deuxième qui touchait des secteurs d'activité, "nous sommes à un moment charnière où nous devons passer à des mesures personnalisées", a expliqué le Premier ministre.Invitée sur le plateau de Matin Première ce jeudi matin, la ministre francophone de la Culture Bénédicte Linard a affirmé tout son soutien au secteur ("Aujourd'hui plus que jamais, on doit faire en sorte qu'on ait un accès minimum à la culture"), mais en a surtout dit un peu plus sur les tests à venir: "On en a prévu six en Fédération Wallonie-Bruxelles, avec l'idée de tester différentes formules: extérieur, intérieur, différentes modalités, différentes jauges. L'idée, ce n'est pas d'aller sur des conditions et jauges minimales, mais de voir jusqu'où on pourrait aller. (...) L'un des candidats, c'est Namur en mai, on pourrait se dire: est-ce qu'on ne testerait pas un événement extérieur dans les jauges maximales? On pourrait aussi envisager par exemple un concert, debout ou assis."Plus loin, elle a semblé embarrassée face à l'autorisation d'organiser des petits événements à 50 personnes dès le 8 mai. "C'est évidemment bien en deçà des propositions qu'on avait mises sur la table en concertation et qu'on avait travaillées avec le secteur. À l'extérieur, on sait qu'il y a beaucoup moins de circulation du virus. 50, c'est très peu. Mais je veux envoyer un message au monde de la culture, il faut quand même explorer cette piste malgré tout, parce que ça va permettre de faire vivre des artistes, même si les jauges sont très petites. Je pense aux arts de la rue, par exemple, à certains petits événements."Et les actions de désobéissance civile que certains théâtres comptent organiser, parallèlement à celles de l'horeca? "Je comprends tout à fait. Ce n'est pas à moi d'aller donner un jugement sur comment ça doit se passer. Mais ce que j'ai remarqué, avec Still Standing entre autres, c'est que le secteur culturel mène des événements dans le respect des règles sanitaires. Malgré cette impatience et cette voix qu'il faut entendre à juste titre, ils font évidemment attention à la situation sanitaire, et je pense qu'on doit le mettre en avant. (...) Je pense que l'impatience du secteur est légitime. Ça fait un an que j'accompagne le secteur et qu'on travaille ensemble à mettre en place des protocoles, à faire en sorte qu'un premier déconfinement ait lieu, qu'on revienne en arrière, mais qu'on essaie de maintenir le lien avec le public. Aujourd'hui, j'entends le Premier ministre qui dit qu'on va passer d'une gestion de crise à une gestion de risque. C'est exactement ce que le secteur demande depuis longtemps."Le KVS, à Bruxelles, fait partie des institutions qui comptent prochainement l'ouvrir, dans les deux sens du terme. L'initiative semble être bien accueillie par le politique, notamment par le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close, qui déclarait dans un tweet que "La culture fait partie de l'ADN de Bruxelles. Les résultats de l'audit KVS que la Ville a commandé sont favorables et je soutiens leur demande d'un test le 26 avril. Vendredi prochain, pendant le codeco pour la culture, je demanderai de soutenir également cette approche positive".(Avec Belga)