L'été dernier, Last of Us Part II de Naughty Dog confrontait avec talent le joueur à sa propre barbarie. D'ordinaire, tuer des dizaines d'adversaires reste un code gaming qui ne soulève guère de questions. Sous les plumes d'un corbeau faucheur d'âmes, Death's Door légitime sans peine ses éliminations de spectres et autres blobs caverneux. Le jeu d'action aventure serpentant entre les Studios Ghibli et un Zelda des 90's se vit d'ailleurs au fil d...

L'été dernier, Last of Us Part II de Naughty Dog confrontait avec talent le joueur à sa propre barbarie. D'ordinaire, tuer des dizaines d'adversaires reste un code gaming qui ne soulève guère de questions. Sous les plumes d'un corbeau faucheur d'âmes, Death's Door légitime sans peine ses éliminations de spectres et autres blobs caverneux. Le jeu d'action aventure serpentant entre les Studios Ghibli et un Zelda des 90's se vit d'ailleurs au fil d'une douce mélancolie, ouverte à des réactions touchantes de certains de ses personnages face à la mort. Ne creusant pas le thème du décès comme Spiritfarer ou I Am Dead, Death's Door ne se hisse pas moins comme un titre indé estival hautement recommandable. Ce voyage fabuleux au service de la mort en personne aligne ainsi des cavernes enneigées, des forteresses inondées et autres manoirs hantés, visuellement ravissants. Mention spéciale pour le casting des boss, d'une mémorable cathédrale robot à une sorcière échappée du Voyage de Chihiro. Coiffé d'une direction artistique loin du pixel art de Titan Souls (le précédent jeu d'Acid Nerve), Death's Door ne se contente pas de livrer une 3D isométrique mise en lumière avec brio: son gameplay danse entre des combats, de l'exploration et des petites énigmes orchestrés avec amour. Très classique, sa grammaire offensive oscille entre des coups rapprochés et à distance. D'un fantôme qui se téléporte à une humanoïde roulant à terre, la belle variété d'adversaires pousse à jongler avec ses diverses attaques. Mieux, certaines armes de jet comme l'arc à flèche font double emploi et allument par exemple des lanternes distantes pour ouvrir des portes (Coucou Zelda!). Au-delà de ses (gentils) puzzles à base d'interrupteurs et autres plateformes mobiles, Death's Door épaissit son gameplay via de longues phases d'exploration, sans carte. Les secrets y sont légion. Et découvrir une porte dérobée en observant le reflet d'un sol marbré compte parmi les plaisirs du jeu. De quoi vite oublier les détours inutiles dus à la gestion parfois cahoteuse des respawns du héros. Personne n'est parfait, y compris dans l'au-delà.