DE ROBERT SCHWENTKE. AVEC BRUCE WILLIS, MORGAN FREEMAN, HELEN MIRREN. 1 H 51. SORTIE: 08/12.
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DE ROBERT SCHWENTKE. AVEC BRUCE WILLIS, MORGAN FREEMAN, HELEN MIRREN. 1 H 51. SORTIE: 08/12. Clint Eastwood nous avait fait le coup sur un mode franchement humoristique avec Space Cowboys, puis de manière plus profonde dans Gran Torino. Le thème des vieux de la vieille retrouvant la grande forme pour en remontrer aux jeunots peut engendrer des films réjouissants. Et si The Expendables de Stallone noyait ses accents comiques sous des torrents de sang et de brutalité, Red vient heureusement confirmer l'adage des vieux pots dans lesquels se font parfois les meilleures soupes... Bruce Willis, pour son énième come-back depuis celui de Pulp Fiction, y campe un ex-agent de la CIA parti à la retraite, un baroudeur pur jus mais dont l'unique distraction semble être désormais de converser au téléphone avec l'employée du service des pensions qui s'occupe de son dossier. Il feint même de ne pas avoir reçu ses chèques mensuels pour avoir un prétexte de l'appeler... La jeune femme (Mary-Louise Parker) ignore bien sûr tout du passé de son charmeur téléphonique. Elle va en avoir bientôt la révélation brutale. Alors qu'elle vient d'accepter de le rencontrer, l'homme est agressé à son domicile par des tueurs qu'il parvient à repousser. Fuyant avec sa correspondante légèrement forcée à le suivre (façon kidnapping sympa, si la chose est possible...), il apprendra que si on a voulu le tuer, c'est qu'une liste de personnes à éliminer circule, et que beaucoup de noms y ont été déjà cochés. Des anciens collègues du héros figurant aussi au nombre des cibles désignées, il partira les retrouver. Et leur suggérer de s'allier pour affronter l'ennemi... Une belle occasion de retrouver un Morgan Freeman plus placide que jamais, un John Malkovich radicalement parano, une Helen Mirren tueuse sans complexe, et un Brian Cox jouant -génialement- le Russe de service. Dialogues aux petits oignons, action trépidante, atmosphère complice: on ne boude pas son plaisir devant un divertissement réussi. On apprécie particulièrement la prestation de John Malkovich, formidable comédien qui peut, lorsqu'il se lâche comme dans Burn After Reading des frères Coen, se révéler d'une irrésistible drôlerie. Son personnage de paranoïaque toujours sur le qui-vive, voyant des menaces potentielles partout... en ayant parfaitement raison, figure parmi ses créations les plus délirantes et les plus mémorables. On ne sait s'il ne faut pas remercier le financier escroc Bernard Madoff d'avoir inclus l'acteur dans la liste de ses prestigieuses victimes. Tout comme Leonard Cohen, qui est reparti en tournée pour retrouver ses billes, la fonte radicale de ses économies pousse aujourd'hui Malkovich à accepter plus de rôles dans des films commerciaux. Ce dont nous ne nous plaindrons pas, s'ils sont aussi savoureux que celui-ci! RETROUVEZ TOUTE L'ACTUALITÉ CINÉMA COMMENTÉE PAR JEAN-FRANÇOIS PLUIJGERS, CHAQUE MERCREDI À 8 H 30, SUR MUSIQ3.LOUIS DANVERS