"Scandal"

Surprenant de lire dans un magazine de jazz français que Sound Prints s'inscrirait dans le sillage d'Old and New Dreams -formation fondée par de (géniaux) sidemen d'Ornette Coleman et qui se consacrait, il y a 30 ans, à perpétuer le répertoire du Texan- alors qu'aucun de se...

Surprenant de lire dans un magazine de jazz français que Sound Prints s'inscrirait dans le sillage d'Old and New Dreams -formation fondée par de (géniaux) sidemen d'Ornette Coleman et qui se consacrait, il y a 30 ans, à perpétuer le répertoire du Texan- alors qu'aucun de ses musiciens n'a fait partie d'un des groupes de Wayne Shorter, auquel pourtant ils livreraient, ici, un hommage permanent. Si deux des compositions du saxophoniste ( Fee Fi Fo Fum et Juju) sont repris dans les onze titres proposés, ce quintette, loin d'être consacré à Shorter, s'évertue surtout à perpétuer la lettre d'un autre quintette, celui, mythique, de Miles Davis où, entre 1965 et 1968, jouèrent des pointures comme Tony Williams, Herbie Hancock, Ron Carter et, bien sûr, Wayne Shorter. Composé de Joey Baron (batterie), Linda May Han Ho (basse), Lawrence Fields (piano) et de ses deux leaders, Dave Douglas (trompette) et Joe Lovano (saxes ténor et soprano), Sound Prints, à la fois hommage à l'iconique trompettiste et démonstration de la pérennité de cette matrice, témoigne aussi de la difficulté à se l'approprier pour en faire quelque chose de véritablement personnel. Scandal, même s'il s'écoute avec plaisir, voit en effet les deux reprises précitées dominer l'ensemble des titres proposés -Lovano (au soprano) s'y montrant particulièrement inspiré.