L'occupation sans relâche

10/01/11 à 09:34 - Mise à jour à 09:34

Compagnons de longue date, metteurs en scène, scénaristes, documentaristes, Yves Riou et Philippe Pouchain se penchent, pour cet essai, sur une question interpellante: quid de l'attitude des artistes français pendant l'occupation allemande et le régime vichyste?

L'occupation sans relâche

© RTBF

Documentaire d' YVES RIOU ET PHILIPPE POUCHAIN, ce lundi à 21.55 sur LA UNE.

La mainmise teutonne sur la production artistique française, et singulièrement parisienne, n'aura, il faut le dire, aucun impact sur sa popularité: curieusement, l'occupation allemande marque un âge d'or du cinéma local, du music-hall, des cabarets...

Probablement assommés par la domination nazie, les Parisiens se ruaient en effet dans les salles de spectacle, histoire de se changer les idées. Le documentaire, classiquement réparti entre interviews face caméra, images d'archives et voix off explicative, fouille méticuleusement dans les recoins du vedettariat hexagonal pour y relever, notamment, les attitudes un peu compromettantes de Guitry, Fernandel ou Maurice Chevalier... Lesquels n'hésitaient pas à chanter à la radio nationale, véhicule de la propagande pétainiste, ou, dans le chef de Fernandel, à manger régulièrement avec les Allemands.

Sacha Guitry fut, de son côté, le premier à rouvrir son théâtre: dénoncé comme juif, il fut pourtant considéré comme un collaborateur au moment de la Libération... D'autres, comme Michel Simon, qui porta l'Etoile jaune sans être juif, se compromirent bien moins avec l'occupant, voire s'impliquèrent dans la résistance. Le film de Riou et Pouchain a ceci de fascinant qu'il tente l'exercice de la nuance et de la remise en contexte, sans prendre de position tranchée, mais en laissant le spectateur démêler lui-même les fils des enjeux, forcément contrastés, de l'époque.

G.V.

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