"Tes cheveux sont toujours pareils, t'es comme un personnage de dessin animé!" George a raison, Mae l'avait affirmé dès le premier épisode de la première saison: "Je suis Bart Simpson!" Et c'est tout à fait ça: physiquement, avec ses cheveux blonds très courts et ses mèches rebelles, il y a quelque chose, c'est vrai... Et comme le jeune garnement tout jaune, Mae Martin, l'héroïne et cocréatrice (avec Joe Hampson) de cette autofiction faite série, trimballe ses traumas et son irrévérence partout où elle va. Cette fois, c'est dans sa mère patrie, le Canada. Car cette deuxième saiso...

"Tes cheveux sont toujours pareils, t'es comme un personnage de dessin animé!" George a raison, Mae l'avait affirmé dès le premier épisode de la première saison: "Je suis Bart Simpson!" Et c'est tout à fait ça: physiquement, avec ses cheveux blonds très courts et ses mèches rebelles, il y a quelque chose, c'est vrai... Et comme le jeune garnement tout jaune, Mae Martin, l'héroïne et cocréatrice (avec Joe Hampson) de cette autofiction faite série, trimballe ses traumas et son irrévérence partout où elle va. Cette fois, c'est dans sa mère patrie, le Canada. Car cette deuxième saison de Feel Good est un peu comme certains de ces vieux comics Marvel ou DC: c'est un "Spécial Origines". À l'initiative de ses parents, on retrouve Mae en cure de désintox inopinée (avec la rappeuse Eve en sorte de conseillère de cure) et -devinez quoi?- les démons du passé vont ressurgir... Mae avait déjà fort à faire avec sa relation mouvementée avec Georgina (alias George), dont Mae est la première partenaire de même sexe. Tout va toujours très vite dans Feel Good, et après une sorte de vraie fausse rupture -même pour elles, tout n'est pas clair-, le couple formé par Mae et George va repartir de plus belle. Les Adidas vintage bien campée dans son époque, Feel Good saison 2 coche encore une fois toutes les cases de la série post-#MeToo. Mais l'effet de surprise semble passé et le charme s'est un peu évaporé. Comme dans la première saison, on hume des parfums d'I May Destroy You ou de Fleabag. Sans doute moins ambitieuse, Feel Good n'atteint jamais la virtuosité de ses deux grandes soeurs. On en serait presque à lancer "ça manque de punchlines!", comme l'agent de Mae quand cette dernière lui raconte ses malheurs en détail. Disons que cela manque en tout cas de morceaux de bravoure, comme la scène du train fantôme dans l'épisode 4 de la première saison, où Mae préfère s'enfuir et ne finit même pas le tour de manège. On rit tout de même de bon coeur lorsque Mae décide de faire venir son public jusqu'à elle et organise ses shows de stand-up à la maison. La série reste alors touchante et tordante. Lisa Kudrow (Phoebe dans Friends) est toujours drôle et effrayante à la fois en mère rancunière, et Phil, le coloc un peu fou-fou, gagne en épaisseur et en minutes à l'écran. Aux thèmes déjà abordés dans la première saison comme l'addiction et l'amour contrarié, viennent s'ajouter ceux de la domination masculine et de la cruauté du vilain show-business. Sans oublier la très actuelle question du genre: Mae ne sait plus trop si elle se sent femme ou homme -en interview, la comédienne se dit "post-label". Et si notre héros/ïne, qui se dit "coincé.e dans une boule à neige avec (s)a propre souffrance" atteignait enfin le semblant du début d'un peu de joie et de bonheur?