"J'aime la musique d'Angel Olsen depuis longtemps. Je suis allée à ses concerts et j'ai pleuré dans le public, explique Sharon Van Etten sur ses réseaux sociaux pour annoncer la sortie du morceau. Elle m'a inspirée et m'a envoyé du soutien dans mes hauts et mes bas. Je n'aurais jamais pensé avoir le courage de lui envoyer une chanson inachevée et de lui demander d'en faire un duo avec moi, et pourtant nous y voilà. Merci, Angel, de m'avoir pris au mot, de m'avoir soutenue et d'avoir rendu cette chanson meilleure qu'elle n'aurait jamais pu l'être."

"J'ai rencontré Sharon ci et là au cours des années et je me suis toujours senti trop timide pour lui demander ce qu'elle faisait ou ce sur quoi elle travaillait, mais en 2020, elle m'a contacté pour travailler ensemble sur une chanson, écrit de son côté Angel Olsen. L'été est passé et nous avons parlé, fait des allers-retours sur un couplet ou l'autre - c'était la première fois que j'écrivais avec quelqu'un comme ça. La chanson m'a immédiatement ramené à mes débuts, avant qu'on attende quoi que ce soit de moi ou de ma musique, une époque qu'il est important pour moi de me rappeler qu'elle a été réelle."

Si on reconnaît surtout la patte de Sharon Van Etten dans l'écriture du morceau (ces grandes envolées qui faisaient le bonheur de Remind Me Tomorrow), il va sans dire que sa voix se marie particulièrement bien à celle d'Olsen, qui est passée trop rapidement du statut de pépite folk à celui de diva indé. Et les paroles du morceau de résonner particulièrement bien avec l'actualité, imprégnées tant d'une douce nostalgie du "monde d'avant", que de ce qu'on n'oserait plus avouer avoir apprécié avant la pandémie ("Avoiding the crowds like I used to / Dancing all alone like I used to"). Une petite perle de chanson, aussi parfaite qu'inattendue.

(Re)lire nos critiques des derniers albums de Sharon Van Etten et d'Angel Olsen ainsi que notre interview de cette dernière: "Aimer un homme, c'est parfois devoir accepter des valeurs désuètes"