On avait presque oublié ce que ça faisait. Les gens les uns contre les autres. Les "nanana" et "ohohoh" chantés en choeur. La transpiration du voisin qu'on peut sentir malgré le masque. Le volume assez fort que pour ressentir vraiment la musique. Samedi soir, juste avant le match des Diables contre la Russie, on s'est prêté au petit jeu presque irréel du concert-test, celui-ci ayant eu lieu à la Ferme du Biéreau, à Louvain-la-Neuve, avec Saule sur scène.
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On avait presque oublié ce que ça faisait. Les gens les uns contre les autres. Les "nanana" et "ohohoh" chantés en choeur. La transpiration du voisin qu'on peut sentir malgré le masque. Le volume assez fort que pour ressentir vraiment la musique. Samedi soir, juste avant le match des Diables contre la Russie, on s'est prêté au petit jeu presque irréel du concert-test, celui-ci ayant eu lieu à la Ferme du Biéreau, à Louvain-la-Neuve, avec Saule sur scène. L'événement faisait donc partie des six initiés par la Fédération Wallonie-Bruxelles, expérience qui s'est fait attendre mais a finalement démarré début mai, à Spa. Un concert qui devrait aider à envisager la reprise du secteur de manière plus sereine et qui n'était "pas là uniquement pour faire plaisir à Frank Vandenbroucke et Marc Van Ranst", comme l'a ironisé Gabriel Alloing, le directeur de La Ferme. Très concrètement, la jauge du soir est de 300 personnes, soit 50% de la capacité annoncée de la salle. Et si en d'autres lieux, le dernier Codeco a autorisé des événements à 200 personnes ou 75% de capacité, la particularité de celui-ci est d'accueillir un public "debout, mouvant, non distancié". Mais masqué, tout de même, faut pas déconner. Pour pouvoir permettre ça, la Fédération s'est adjoint les services de DNAlytics et de la KULeuven. Les premiers s'occupant de tester tous les participants avant le concert, et le referont 7 jours plus tard pour analyser l'éventuelle contamination. Même chose avec un groupe-contrôle qui ne se sera déplacé que pour les tests, mais qui aura droit à un concert de compensation à l'automne. La KULeuven, quant à elle, se sera chargé des mesures de la qualité de l'air et du renouvellement de celui-ci. Avant le concert, une armée de jobistes guident les spectateurs dans les couloirs de l'école voisine, et chacun a droit à son test Covid. Un test salivaire, pas le PCR qu'on connaît désormais bien (nos narines l'en remercient!) et anonyme de surcroît, où dans le processus, la personne qui procède à l'analyse n'a pas accès aux données d'identité, et vice versa. Bon point.Si l'on en croit le communiqué de la ministre Bénédicte Linard de ce lundi, "les premiers résultats des événements-tests sont encourageants". Et si samedi, on s'est senti particulièrement privilégiés de pouvoir assister à ce "vrai concert", on s'est aussi dit que quitte à faire des tests, les conditions auraient dû se rapprocher encore un peu plus des conditions "d'avant", à pleine capacité. Parce que dans le secteur, tout le monde le dit: tant que la reprise ne sera pas autorisée avec des jauges à 100%, il faudra toujours un système d'aide sans quoi la situation ne sera pas viable.Et le concert, dans tout ça? Eh ben, honnêtement, ça faisait un bail qu'on n'avait plus vu Saule sur scène, et il faut avouer qu'il y est toujours efficace en diable. Certes, on peut lui reprocher quelques facilités dans l'écriture, avec des morceaux un poil trop lisses et taillés pour les grandes radios, mais il y a toujours ce petit truc derrière, et surtout cette gouaille sans pareil. Des textes souvent finement ciselés ("S'il ne me restait qu'un seul jour...", indétrônable classique), qui ne manquent pas de faire vibrer la corde sensible (L'Éclaircie, prophétique), et toujours cet élan fédérateur qui est exactement ce qui nous a manqué durant cette année en enfer. Vu les circonstances, on se serait contenté de peu de choses. C'était bien au-delà, et avec une saveur toute particulière. Vite, que ça reprenne pour de bon!