Scénariste et réalisatrice strasbourgeoise basée à Bruxelles, Rachel Lang s'était joliment signalée en 2016 avec un premier long métrage, Baden Baden, adepte du zigzag, film-inventaire d'une jeunesse en fuite cimentant sans en avoir l'air l'existence en pagaille d'une adulescente au désir fragile dans l'incertain chantier d'une salle de bains. Cinq ans plus tard, la voici qui revient avec une proposition de cinéma assez radicalement différente, mais pas forcément moins personnelle pour autant. Cinéaste à la formation militaire (elle est officier de réserve), elle s'intéresse en effet cette fois à certains aspects humains d'une réalité armée qu'elle a elle-même eu l'occasion d'approcher. Dans Mon légionnaire, elle choisit plus précisément de se pencher sur le quotidien d'une poignée d'hommes engagés dans la Légion étrangère et, en parallèle, sur celui de leurs épouses restées à la maison. Soit, d'un côté comme de l'autre, une routine très régulée, marquée par l'éloignement et l'absence sous toutes ses formes. Impossible de ne pas penser au Beau travail de Claire Denis face aux rares corps-à-corps distillés par cet intrigant long métrage attentiste qu'encadre musicalement le très beau Nucléaire des lascars équilibristes d'Odezenne. Mais, à trop chercher le naturel et l'authentique, Lang s'égare hélas, surtout dans une accumulation anti-spectaculaire de détails qui peinent un peu à faire film.

De Rachel Lang. Avec Louis Garrel, Camille Cottin, Ina Marija Bartaité. 1 h 47. Sortie: 10/11. ***

Scénariste et réalisatrice strasbourgeoise basée à Bruxelles, Rachel Lang s'était joliment signalée en 2016 avec un premier long métrage, Baden Baden, adepte du zigzag, film-inventaire d'une jeunesse en fuite cimentant sans en avoir l'air l'existence en pagaille d'une adulescente au désir fragile dans l'incertain chantier d'une salle de bains. Cinq ans plus tard, la voici qui revient avec une proposition de cinéma assez radicalement différente, mais pas forcément moins personnelle pour autant. Cinéaste à la formation militaire (elle est officier de réserve), elle s'intéresse en effet cette fois à certains aspects humains d'une réalité armée qu'elle a elle-même eu l'occasion d'approcher. Dans Mon légionnaire, elle choisit plus précisément de se pencher sur le quotidien d'une poignée d'hommes engagés dans la Légion étrangère et, en parallèle, sur celui de leurs épouses restées à la maison. Soit, d'un côté comme de l'autre, une routine très régulée, marquée par l'éloignement et l'absence sous toutes ses formes. Impossible de ne pas penser au Beau travail de Claire Denis face aux rares corps-à-corps distillés par cet intrigant long métrage attentiste qu'encadre musicalement le très beau Nucléaire des lascars équilibristes d'Odezenne. Mais, à trop chercher le naturel et l'authentique, Lang s'égare hélas, surtout dans une accumulation anti-spectaculaire de détails qui peinent un peu à faire film.